economie, finance, politique, société. un peu de serieux, tout en essayant d'être ouvert d'esprit et constructif

mercredi 13 juin 2007

Incivilités, Drogue, Alcool et … UMP


Ville d’Antibes Juan les Pins, des dégradations, des incivilités ont lieu dans des lieux publics.
Nice Matin Mercredi 13 Juin 2007 : voici selon le maire UMP d’Antibes Juan les Pins, récemment réélu député au premier tour de scrutin, les responsables des dégradations et actes de vandalismes dans sa belle ville :
‘’Le maire appelle à « une réponse judiciaire sur ce sujet, à la sensibilisation de la population sur ces dégradations inacceptables » et fait passer le message que « le vandalisme sera réprimé. L'alcool et la drogue ne sont pas innocents sur ce sujet, ces dégradations ne sont pas l'oeuvre de la haine». ‘’
Incivilités diverses, dégradations, tags, vol de fleurs dans les jardins public.
Le quotidien régional fait ses choux gras de ces événements, pointant du doigt des responsables tout désignés : drogue et alcool. On retrouve souvent le terme de Jeunes dans ces articles sur l’insécurité ou l’incivilité. Jeunes, drogues, alcool.

Le titre de l’article appelle à plus de vigilance… Plus de vigilance ? est ce encore plus de camera dans une ville déjà sous contrôle. A quoi servent les cameras déjà en place ? ne devraient elles pas dissuader ce genres d’actes ?
L’étape suivante ? après les camera, plus de contrôle de policiers …. Pour quelle efficacité ? probablement pour rassurer les lecteurs de Nice Matin. On a identifié les responsables, les mesures de répressions inutiles et coûteuses suivront. C’est la drogue, l’alcool, nous agirons. Dormez tranquille.
Ouf, donc.

Ah tiens, l’autre jour je passais avec ma poussette et mes trois enfants devant le bureau de l’UMP rue Sadi Carnot à Antibes. Jour de réunion a l’UMP. salle comble. Tout ces gens se sont déplacés en voitures. Toutes ces voitures sont garées sur les trottoirs, sur les 'zébras', en double file. Plus de place sur le trottoir, avec ma poussette et mes enfants je suis passé sur la route, au ras des voitures.
Insécurité…
L’incivilité est vraiment partout. Je ne crois pas que ce soit l’œuvre de la haine.
Non,
Plutôt de la bêtise.
Et parfois de l’impression d’être plus respectable que les autres citoyens. Surtout que les drogués et alcooliques.
J’espère que notre maire appellera à plus de vigilance.

mardi 5 juin 2007

PS : Il faut que ça pète !


Beaucoup de choses ont été écrites sur la situation post élection présidentielle au PS. Il y a un débat d ‘idées fait émerger deux courants, entre les tenants d’un virage à gauche et ceux d’un recentrage du parti. Il y a un débat de personne, avec en toile de fond des règlements de comptes et un semblant d’unité pour les élections avenir.
Je pense que tous les éléments sont réunis pour que le PS explose. Ce n’est pas mauvais, c’est peut-être même, paradoxalement, la seule solution viable.

La remise en question après une défaite électorale est naturelle. On essaye de tirer les leçons de la défaite.
Idéalement il faudrait se pencher sur le fonds, sur les idées et propositions mises en avant. Se regarder soi pour comprendre ses erreurs, ses forces et ensuite construire une nouvelle plate-forme politique.
Idéalement il faudrait aussi que les conflits de personnes passent après les conflits d’idées. Pour être un peu plus pragmatique (la politique est aussi une affaire de personnes) il faudrait que derrière les combats de chefs se dégagent de vrai combat d’idées.
Idéalement il faudrait, arriver à convaincre la base et fédérer l’appareil du parti. Bien sûr il y a toujours des tensions, c’est d’ailleurs sain, c’est signe de débat et de vie, c’est ce qui permet d’évoluer, d’avancer avec la société.

Concrètement ?
Tout est en place pour que ça pète

- Le débat d’idées.
Pour pouvoir gagner il faut définir clairement ses positions... Les causes de la défaite et des défaites à venir si rien ne change est la. En se sens les deux côtés ont raisons. La candidate PS ne s’est pas vraiment extraite de l’idéologie de son partie. Les dissensions au PS, les trahisons ont fait le jeu de l’adversaire. Le programme n’était pas clair.
On ne peut pas se réfugier derrière des arguments tournés vers l’extérieur (Il y avait Sarkozy en face, les gens se laissent abuser) et ne pas regarder la situation et l’image du PS.
On ne peut pas construire, innover, avancer en ne faisant que ménager des courants d’idées si opposés.

- La lutte des chefs
Il est intéressant de noter que la lutte des personnes ne semble pas coller exactement au débat d’idées, les favoris étant plutôt contre une orientation à gauche. Il est difficile de distinguer ce qui différencie vraiment Ségolène Royale de Dominique Strauss Kahn. Ils font partie de la même famille politique, du même courant d’idée au sein du PS et leurs différences sont à la marge.
Mais cette lutte est âpre. Les ambitions individuelles importantes. Les comptes devront être réglés.

- Une défaite, une autre probable, et une faible perspective de représenter un contre-pouvoir efficace. L’accumulation des échecs et la perspective de devoir attendre 5 ans pour reconquérir sinon le pouvoir, au moins un véritable poids d’opposition, vont attiser la discorde. La discorde sur le fond bien sûr, mais aussi stigmatiser les positions personnelles, attiser les rancoeurs et enlever toute retenue.

Situation explosive donc.
Tant mieux.
Non pas que je souhaite que le PS s’enfonce non. J’écris tant mieux pour le PS.
Quel que soit le virage idéologique qui sera fait, quelle que soit l’issue de la guerre des chefs, il est essentiel de purger cette situation, de clarifier les orientations et de cesser d’essayer des compromis qui ont conduit à la défaite.

Un peu de politique-fiction.
Je pense que le courant ‘moderne’ l’emportera, le courant qui se détache, sur le plan économique, de l’idéologie traditionnelle de gauche. Dans les deux camps, les valeurs sont assez similaires, le soucis d’entraide, de rejet des inégalités. C’est dans la vision des outils à utiliser qu’est la différence. Je m’avance à ce pronostic car les deux favoris, Dominique Strauss Kahn et Ségolène Royale représente ce courant.
Ils devront alors avoir le courage de leurs idées tout en laissant la porte ouverte à ceux souhaitant les rallier.
Dans l’autre camp, les tenant d’un virage à gauche pensent que l’on ne peut gagner que par un retour au discours de gauche. La défaite vient pour eux d’avoir voulu essayé de se rapprocher de la droite, de s’être laissé entraîner au centre ou a droite par Nicolas Sarkozy. Ceux la ne pourront pas rester dans un parti prenant un virage plus libéral. Il y a probablement de la place pour recréer un parti de gauche sur des idées de gauche en utilisant aussi les forces de Chevènement, Besancenot, du PC… ce n’est pas beaucoup certes, mais si on ne peut gagner que sur des idées de gauche, il faudra fédérer pour renforcer le poids de ces idées.

Ça pétera donc.

samedi 2 juin 2007

Strauss Kahn contre le SMIC à 1500 euros

Il semblerait que le SMIC a 1500 euros ne soit plus une évidence pour tous au PS. Un article du Nouvel Obs Dominique Strauss Kahn dit regretter le décalage entre la gauche et la réalité et attaque le SMIC à 1500 euros qui n’est selon lui pas une bonne chose. Il mentionne les risques de délocalisation, appelant le PS à une réflexion sans concession.
J’ai essayé de présenter dans un article les différentes familles de redistribution. Je pense que nous avons trop tendance a penser que seul le levier des salaires peut marcher. Nous négligeons, et le PS néglige, que l’on peut aussi agir en passant par la fiscalité, grâce à un impôt négatif par exemple. C’est, je pense, au PS, une question d’idéologie. Le SMIC est une garantie contre l’exploitation… je suis d’accord, il faut un SMIC, mais plus bas, qui serve d’ancre. Il faut ensuite faire apparaître la redistribution dans le budget de l’état.
Le SMIC n’est pas un outil de redistribution. L’état ne doit pas se décharger de son rôle de redistribution sur le privé.
L’état doit assurer ce rôle. Sans complexe, parce que la redistribution est nécessaire dans une société moderne et solidaire.
Je pense que c’est là la réflexion intellectuelle et idéologique à avoir. J’espère que c’est la direction que Dominique Strauss Kahn souhaite prendre quand il parle de réflexion sans concession.

vendredi 1 juin 2007

Paix ou justice au Liban ?


30 mai 2007, vote de l’ONU imposant la création d’un tribunal international pour juger les assassins de Rafik Hariri, ancien premier ministre Libanais aux positions anti-syriennes.

Réactions opposées dans la population libanaise:
Joie dans la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne.
Colère dans l’opposition, dans le camp du Hezbollah chiite et pro syrien qui qualifie cette résolution d’illégale et la considère comme une grave ingérence et violation de la souveraineté Libanaise Damas.

Vu de l’étranger il est semble difficile de critiquer cette résolution. Le but poursuivi est un but de justice. Celle-ci est légitime. Le crime c’est déroulé dans un Liban sous contrôle syrien, sur un homme qui représentait l’opposition à cette main mise de Damas sur le pays du cèdre. L’opération a nécessité une grande préparation et des moyens importants qui ont difficilement pu passé inaperçu pour les forces syriennes. Tout indique la responsabilité de Damas. À la suite de ce crime et devant ce sentiment d’impunité pour les assassins, les Libanais anti-syriens sont descendus en masse dans la rue faisant pression par l’intermédiaires des puissances étrangères pour un retrait de la Syrie du Liban.

Danger ?
Oui c’est une évidence
Malgré le succès du retrait syrien, le sentiment d’injustice face à l’impunité des assassins est très vif. Une partie de la population a soif de justice. Des affiches dans les rues de Beyrouth rappellent l’assassinat de l’ancien Premier ministre, il y a un profond désir de faire ressortir la vérité, de s’extraire de l’influence Syrienne en levant ce qui est vu comme une impunité scandaleuse.
Mais le Liban est un pays complexe, une autre partie de la population reçoit très mal la création de ce tribunal international. Les chiites vivent ceci comme une internationalisation de la situation Libanaise ou une mise sous tutelle du Liban. Leur rejet de cette ingérence est très vif.

On peut donc se demander s’il est possible d’imposer, de l’extérieur, par le biais de la justice, la réconciliation nationale entre les Libanais. Peut-on mettre la Syrie sur le banc des accusés, pointer du doigt les responsabilités ou l’influence de l’Iran tout en oeuvrant à la réconciliation des Libanais?

Le désir de justice est légitime. L’ONU fait passer cette volonté de justice en premier … Quitte à attiser les tensions entre les différentes communautés Libanaises, quitte à déstabiliser un peu plus un pays très fragile.
La paix est le but. La paix et la réconciliation nationale au Liban et plus généralement la paix entre les pays et peuples du Moyen-Orient. Entre les communautés religieuses. C’est une situation complexe où se mêlent des luttes de politiques internationales, des affrontements ethniques ou religieux souvent instrumentalisés et encouragés.
La Syrie et surtout l’Iran sont forcément des partenaires dans la construction de la paix même si la position de l’Iran est extrême sur de nombreux point et doit être condamnée.

Nous nous trouvons donc dans un affrontement classique entre paix et justice. La paix et la justice sont-elle conciliable ? et sinon, laquelle doit l’emporter ? peut-on concilier réconciliation nationale et désir de justice ?
La paix est toujours faite de concession. La justice est nécessaire pour lutter contre l’impunité et ne pas faire injure à la mémoire des victimes.
À cette question, faut-il poursuivre ou oublier, je n’apporterais pas de réponses précise pour le cas du Liban. L’Afrique du Sud est un exemple dans ce cheminement difficile entre paix et justice, l’amnistie a été un instrument permettant d’apaiser les tensions. Mais pour le moment le Liban ne prend pas cette direction, les luttes communautaires sont vives et le sentiment d’injustice exacerbé dans les deux camps.
Nous sommes encore loin de l’instauration d’un respect mutuel nécessaire à une lutte contre l’impunité, à l’acceptation de certaines concessions qui permettrait une réconciliation. L’intervention internationale est très délicate et risque même d’attiser les tensions et rancoeurs malgré un soucis légitime de paix.

jeudi 31 mai 2007

Danger ! Identitaires


Je n’ai pas envie de rire aujourd’hui.
Un article de metro sur les identaires niçois me donne le cafard.
J’ai écrit sur la notion d’identité nationale et fais fait référence au livre d’Amin Maalouf ‘les identités meurtrières’. Quand je me penche sur les idées des identitaires les mots de Maalouf résonnent, hélas, tellement juste. Ses mots apaisent un peu ma colère en m’aidant à comprendre comment peuvent émerger de telles idées, mais ma tristesse est profonde devant le manque de recul des ces gens, devant leur rejet des autres.
Pour ne pas laisser la colère me gagner je vais parler un peu de ces identitaires et essayer d’expliquer pourquoi une telle vision de la société et du monde peu exister, avec l’espoir que ces identitaires là disparaissent dans les oubliettes de l’histoire.

Nissa Rebela, le mouvement identitaire niçois présente des candidats aux prochaines législatives à Nice, souhaite l’enseignement du niçois à l’école, l’autonomie par rapport à Marseille et l’expulsion des délinquants d’origine étrangère…
Affiches noires et rouges, couleur de la ville, les candidats visent les 2% et ont déjà le regard tourné vers les municipales avec un objectif de 4% et une envie de peser sur les décisions locales.
À leur actif :
- Des affiches ‘Oui à la socca, non au kebab’… !! j’en reste sans voix.
- Annulation du Nice Rap Contest. Pressions sur la mairie contre un ‘concert de rap haineux’ (dixit), diffusion de tracts ainsi que des numéros de téléphone et adresse mail des organisateurs qui ont été harcelés.
- Participation à une soupe populaire à base de porc… ils sont pour un communautarisme blanc et souhaitent aider ‘les leurs’ ceux qui leur ressemble et sont en Europe depuis quelques génération.
- ‘milice’ à la sortie des lycées (ils ne revendiquent pas le mot et parlent d’opérations de sécurisation et d’îlotage) pour ‘assurer la sécurité des élèves’ avec publicité pour inciter à rejoindre leur mouvement.(vidéo)

Le phénomène n’est pas uniquement niçois, on retrouve ces idées identitaires partout en France. Leur argumentaire est à la fois un rejet de la société marchande, du matérialisme et un attachement aux racines européennes et blanches, rejetant tout métissage ethnique, tout impérialisme qu’il soit nord Américain ou Musulman.
Extrémisme donc.
Et rejet.
Rejet de tout ce qui est différent, de tout ce que l’on ne comprend pas ou paraît trop complexe.

Ces actions des rebelles niçois et ces idées affichées par les identitaires traduisent un repli sur soi, l’idée qu’il y a ‘les nôtres’ opposés ‘aux autres’. C’est une conception tribale de l’identité qui favorise le rejet des autres : on retrouve ce rejet dans les actes et valeurs énoncées ci-dessus. Les Autres sont différents et représentent donc un danger pour les Nôtres, pour notre culture, nos traditions, notre identité.

Cette attitude est décrite par Amin Maalouf comme partiale, sectaire, intolérante, dominatrice. Les autres représentent une menace pour notre identité. Comme il y a danger pour les nôtres, il apparaît légitime d’agir pour écarter cette menace. Cela confère le sentiment d’agir pour la survie des siens … Et en état de légitime défense puisque les autres nous menacent. Sur la vidéo http://www.uvouch.com/video-Nissa-Rebella-protge-les-lycens-face-aux-racailles-252486 des milices à la sortie des lycées, on entend ce paroles : « parce que notre révolte est légitime, parce que nous ne voulons plus subir … nous avons fait le choix de la résistance » … sentiment de légitimité donc …

C’est quelque part l’illusion d’un monde figé, sans mouvement ni brassage. C’est l’illusion que l’autre est différent de moi. La mondialisation, le choc des cultures créé par l’immigration, la circulation de l’information sont alors vécus comme des menaces. Il y a risque d’uniformisation. Notre identité est donc en danger et il semble alors qu’il faille choisir entre la négation de soi ou la négation de l’autre. Cela entraîne au mieux le refuge dans l’illusion d’un repli sur soi, au pire le rejet actif de l’autre.

Ce choix est bien sûr faux et inexistant si l’on considère l’identité comme étant faite d’appartenances multiples et non uniques, d’un brassage tel, que je peux retrouver chez l’autre des points communs avec moi, peut être plus parfois que chez les ‘les miens’.

Le monde n’est pas figé, la différence est une richesse et l’identité de chacun est complexe et ne devrait pas être source d’opposition aux autres. L’identité de chacun ne doit pas disparaître et se fondre, mais doit exister dans sa complexité et ses contradictions.

Je suis triste donc.
J’aime la socca. J’aime regarder le nom des rues écrit en nissart dans le vieux Nice, je comprends cette peur d’une uniformisation face à la mondialisation.
Je suis triste que ces identitaires s’accaparent ces richesses locales pour les opposer aux autres comme si elles étaient les seules richesses de ce monde et que le rejet des autres cultures était le seul moyen de les défendre.
Je suis triste que quelques meneurs attisent ces sentiments tribaux en appuyant sur les peurs et les menaces faisant croire qu’affirmer son identité contre les autres est un acte libérateur, courageux.
Je suis triste que certains les écoutent et les suivent … Peut-être habitude ou manque d’imagination… Je préfère ne pas dire autre chose.

mercredi 30 mai 2007

Travail non qualifié: SMIC un outil a tout faire?


Le SMIC à 1500 euros ? C'est une évidence pour le parti socialiste. L'augmentation du salaire minimum est-elle forcément une évidence ? Peut-on même poser cette question ?

Au-delà du débat sur le capitalisme et une alternative à ce système, nous sommes dans une économie de marché dans laquelle le gouvernement intervient afin de compenser les inégalités de distribution de revenu. Il y a plusieurs façons d’intervenir et le débat est souvent idéologique. Je souhaite présenter ce débat en abordant le rôle du salaire minimum et la possibilité de solutions alternatives.

Deux grandes familles d’intervention

- Les interventions post-marché. Le marché fonctionne et l’on utilise une taxation progressive associée à des transferts de redistribution afin de rendre les résultats du marche plus justes. C’est le cas de l‘impôt sur le revenu, et des minima sociaux. Ce sont des interventions fiscales car présente au budget de l’état.
- Les interventions sur le marché pour modifier son fonctionnement. Un exemple est la mise en place d’un salaire minimum, qui est une intervention salariale

Un choix Politique, Idéologique, Moral

Comment choisir entre ces types d’interventions ?
Le salaire minimum est une intervention sur le fonctionnement du marché du travail. C’est une forme de prix plancher.

Pourquoi un salaire minimum ?
Le salaire est lié a la productivité du travailleur et il n’y a aucune raison pour que la productivité des moins qualifiés induise un revenu suffisant pour vivre. Une intervention est donc nécessaire afin de permettre un revenu suffisant. Nous retenons en France une politique salariale qui intervient sur le marché.

Ce choix est en partie idéologique, utiliser le salaire minimum comme levier est en général associé à l’idée que le prix du travail, le salaire, n’est pas un prix comme les autres. Le salaire devrait être fixé sur des considérations de justice et d’équité et non d’offre et de demande. S’extraire des forces du marché n’aurait aucun effet négatif… Et souligner ces aspects négatifs est souvent associé à de l’extrémisme libéral.

Pourtant, d’autres solutions sont possibles, des actions fiscales qui permettraient le même revenu aux travailleurs moins qualifiés. Pourquoi augmenter le coût du travail non qualifié ce qui va mettre certains travailleurs en dehors du marché de l’emploi ? Pourquoi ne pas utiliser un autre levier qui serait un levier post-marché en donnant à ces travailleurs un crédit d’impôt ou un impôt négatif ?

La réponse est à la fois d’ordre politique et idéologique


- Politique car un salaire minimum fait sortir le coût de la redistribution du budget de l’état. Beaucoup d’économistes vont donc soutenir le levier salarial plutôt qu’un levier fiscal pour cette raison. Nous avons donc un salaire minimum qui a un rôle de redistribution … Tout en excluant certains travailleurs non qualifiés du marché du travail.

- Idéologique, voir morale : Il y a une opposition à l’idée que les salaires soient des prix de marché. Certains verraient une prise en charge de cette redistribution par l’état sans passer par le SMIC comme un cadeau fait aux employeurs. La réalité est bien sûr plus complexe car le marché est amoral par essence et cette amoralité ne peut être nié ou supprimée par la loi. La productivité et le salaire sont forcément liés et si l’on impose un salaire minimum au-delà de la productivité du travailleur non qualifié cela va impacter négativement la décision d’embaucher.

Utiliser le SMIC comme outil de redistribution ?


Le SMIC est un outil extrêmement délicat à manier. Pour le travail non qualifié, le coût du travail joue beaucoup sur la demande d’emploi des entreprises. Une hausse du salaire minimum laissera des travailleurs non qualifiés en dehors du marché du travail.

Affirmer que la revalorisation du SMIC n’est pas forcément une bonne chose pour les travailleurs non qualifiés est difficile sans une levée de bouclier et sans être taxé d’extrémiste libéral souhaitant uniquement augmenter les profits des patrons. Mais l’ultralibéralisme si tenté que cela existe c’est de laisser faire et de nier l’échec des mécanismes économiques traditionnels dans la redistribution du revenu vers les moins qualifiés et les plus pauvres.
Je reconnais cet échec, et je reconnais le rôle essentiel de l’état. Je pense que le levier du SMIC n’est pas optimum pour assurer un emploi aux non qualifiés et leur assurer un revenu décent.
Je suis proche des solutions proposées par l’économiste Olivier Blanchard qui met plus de poids sur les leviers jouant ‘post marché’ pour assurer une redistribution :
- Un impôt négatif sur les revenus du travail
- Des cotisations faibles ou nulles sur les bas salaires
- Un salaire minimum bas, jouant le rôle d’ancre et n’étant donc pas le principal moyen de redistribution pour les travailleurs non qualifiés

Les solutions doivent êtres globales

Raisonner uniquement sur le SMIC est réducteur, il est essentiel de dézoomer le cadre de la réflexion et d’intégrer la redistribution vers les chômeurs, et la lutte contre la pauvreté. Cette vison globale est essentielle pour aider efficacement les plus pauvres et les moins qualifiés, éviter les effets de seuil en maintenant l’incitation à l’emploi.
Olivier Blanchard (« Être de gauche n’est pas être ignorant », Libération, 8 janvier 2001) décrit les outils dont nous disposons:
- Un salaire minimum afin d’éviter des abus
- Un revenu minimum pour éviter les drames
- Un impôt négatif pour éviter les effets sur l’emploi.

À plus long terme je rajouterais la formation, le reclassement, l’éducation.

La frontière du salarial (intervention sur le marché) et du fiscal (post-marché) doit tomber (lire Vacarme). Le SMIC ne doit pas être un champ de bataille idéologique et ne doit pas être l’instrument principal de redistribution vers les moins qualifiés.
Attention ! Le problème prend et va prendre une importance grandissante : les inégalités de produit marginal du travail augmentent car la globalisation et le progrès technologique introduisent un biais envers les plus qualifiés.

mardi 29 mai 2007

Le débat démocratique en danger: nos institutions en question.


J’ai beaucoup de mal à m’intéresser à la campagne des législatives. Mais, pour qu’un intérêt soit créé il faut du contenu ! Cette désaffection, ce manque de goût est peut-être tout simplement dû a l’absence de campagne. Enfin, disons qu’elle est réduite à sa portion congrue : valider l’élection présidentielle ou rêver d’une cohabitation. Quant au résultat… il ne fait pas trop de doute. Manque d’intérêt donc. Et perte de temps, car il y a très peu de valeur ajoutée pour le débat démocratique.

Un constat : contre-pouvoir en danger

Notre régime est semi-présidentiel… mais qu’est ce qu cela signifie? en fait tout dépend :
- de la personnalité du président et du choix, du rapport avec le chef de l’exécutif, le premier ministre.
- du calendrier électoral
Notre situation ? Combinaison d’un président actif et impatient et d’une élection législative si proche de la présidentielle qui va probablement valider la majorité présidentielle. Nous nous dirigeons comme le souligne Jacques Attali vers une monarchie quinquennale.

L’analyse de Jacques Attali est la suivante. Quinquennat et inversion du calendrier électoral rendent le débat pour les législatives caduc. Le président aura vraisemblablement une majorité au garde à vous et tous les pouvoirs pour 5 ans, mis à part peut être des défaites aux municipales et régionales exprimant une frustration démocratique.
L’analyse est pertinente, l’inversion du calendrier a été une décision majeure dans le fonctionnement de nos institutions, mettant tout le poids du débat démocratique sur le président et lui seul et affaiblissant le rôle de l’assemblée.

Dans un sens, cela semble cohérent avec l’élection du chef de l’état au suffrage universel. Nous élisons le président et non pas le Premier ministre. J’ai toujours été frustré sous Jacques Chirac de voir les feux médiatiques sur des Premiers ministres pour lesquels le peuple n’a pas voté avec un président en retrait dans le rôle du sage.
Le danger est dans la faiblesse du contre-pouvoir que devrait représenter l’assemblée. Non pas que l’assemblée doive t être opposée au président, mais son élection doit être précédé d’un débat constructif alors que nous sommes simplement dans une phase de validation ou non des présidentielles. Le danger est dans le manque de débat démocratique et d’expression démocratique dans cette monarchie quinquennale. Les frustrations seront exacerbées et cela renforcera les extrêmes, la radicalisation des positions d’opposition en empêchant un véritable débat constructif entre les partis de gouvernement.

Revoir les institutions

Il est nécessaire de revoir le rythme démocratique pour recréer un dialogue et une opposition constructifs.

L’importance en France de l’élection présidentielle au suffrage universel m’incite à penser que notre culture institutionnelle, notre histoire récente, nous rapproche d’un régime présidentiel, plutôt que parlementaire.
Je serais donc favorable à un régime présidentiel, élection au suffrage universel du chef de l’état qui est également le chef de l’exécutif.
Il ne faut pas tomber dans la situation décrite par Jacques Attali de monarchie quinquennale et Il faut donc un contre-pouvoir à ce président chef de l’exécutif.

Il me semble nécessaire de découpler en partie les élections présidentielles et législatives. La solution pourrait être de mettre en place un renouvellement par moitié ou par tiers des députés. Les avantages de ce système sont :

- Introduction d’une meilleure respiration démocratique. Mettre en place une élection législative partielle en cours de mandat du président permet un débat sur les orientations et décisions prises. Cela redonne la parole au peuple de façon plus significative qu’une élection régionale ou municipale. Cela redonne son pouvoir et son rôle aux élections législatives

- Le changement de majorité à l’assemblée sera plus significatif à cause du renouvellement partiel. Il pourra se produire sur une élection de façon radicale ou alors s’inscrire dans un mouvement de fonds sur deux élections législatives. Les résultats des législatives seront des signaux forts pour l’exécutif.

Nous aurions un régime présidentiel, mais avec une assemblée nationale qui retrouverait son importance car le débat pour les élections législatives ne serait pas escamoté comme c’est le cas en ce moment.

Je suis bien sûr conscient que dans un tel système il y a beaucoup d’autres points à régler, veto du président sur l’assemblée, mode de scrutin pour les élections législatives. Mon but ici n’est pas de rentrer dans les détails. Je souhaite soulever le problème causé par la situation actuelle, la frustration qui en ressortira forcément par manque de débat démocratique ainsi que la montée des extrêmes et la polarisation de l’opposition. Il me semble essentiel de réfléchir à des solutions afin de rétablir le jeu des contre-pouvoirs tout en préservant la fluidité de l’exécutif et du législatif. Une solution pourrait être un régime présidentiel avec élections législatives partielles pour redonner toute sa place au pouvoir législatif, renforcer le débat démocratique et éviter l’accumulation des tensions et frustrations dangereuses pour la démocratie.

 

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