economie, finance, politique, société. un peu de serieux, tout en essayant d'être ouvert d'esprit et constructif

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jeudi 12 juin 2008

Croire en l'Homme...!

Une des choses qui distingue encore la droite de la gauche est cette croyance en l'Homme. Cette croyance que l'Homme peut être altruiste, aimer l'autre (j'allais écrire ‘son prochain’ mais je tombais déjà dans un paradoxe religieux que je ne souhaite pas développer !), souhaiter une égalité entre les Homme, une Fraternité.
'L'extrême gauche', les alter-mondialistes, les communistes... brefs toute cette gauche de la gauche est optimiste dans la capacité l'Homme à être meilleur, a penser a l'autre.
La droite au contraire est plutôt individualiste, pensant que les inégalités se gommeront d'elles même à condition que l'on augmente la part du gâteau.

Je suis plutôt optimiste, cette partie de la gauche qui rejette le modèle capitaliste a ma sympathie, car le fond est foncièrement bon, et ce malgré toute la démagogie, la simplification du discours.

Mais il y a quand même un paradoxe énorme. N'étant pas philosophe et étant assez peu cultivé dans ce domaine je ne sais pas s'il a été abordé en détail.
La droite qui est individualiste, est pour le laissez faire. La gauche, qui elle croit en l'Homme, est pour l'intervention... l'Homme est bon, oui mais il faut intervenir, il faut réguler, il faut contrôler car le laisser faire amène à l'exploitation, à l'inégalité...(!) Pourquoi donc ? Pourquoi ceux qui veulent un monde meilleur, un monde de partage, un mode d'entraide doivent ils envisager plus d'intervention, et parfois même pour les plus extrêmes, une révolution pour remettre les choses à plat.....
Peut être parce que l'Homme n'est tout simplement pas bon. Parce que l'homme est égoïste... aie... et m...e, moi qui avait un peu d'espoir dans l'humanité...
Il y a donc un paradoxe énorme. Pour avoir plus d'égalité, pour avoir plus de partage il faut intervenir, contrôler, brider les libertés individuelles.

Je crois en l'Homme, je pense que nous pouvons être bons, désintéressés, proche des autres, attentifs et prêt à aider. Nous en voyons des exemples tous les jours. Chez plus pauvres et les plus riches ont peut trouver des actes de compassions et d'altruisme, d'entraide.
Néanmoins nos comportements individuels sont aussi régis par notre égoïsme, par notre intérêt propre. Pourquoi ? parce que c'est notre nature, notre instinct qui nous font penser à nous, à nos proches. souvent aussi parce que nous ne pensons pas que nos actes individuels puissent avoir des conséquences globales. A quoi bon faire un effort si les autres ne le font pas ?

Chez cette gauche qui croit l'Homme on retrouve aussi le constat que l'Homme livré à lui-même n'est pas bon pour l'Homme et qu'il faut une puissance interventionniste pour le contraindre, pour mieux repartir les richesses.
C'est pourquoi je ne crois pas en cette gauche extrême, que je rejoints pourtant dans son discours humaniste. Elle fait fausse route. Je veux croire en l'Homme, mais aussi accepter son égoïsme inné, intrinsèque.
Je ne crois pas que quelques groupes de super riches égoïstes soient la raison de tous les maux et inégalités. Je ne crois pas aux simplifications démagogiques qui consistent a stigmatiser des groupes de profiteurs et d'exploitants. Je trouve trop réducteur ce discours manichéen, car il nie ce que nous sommes, collectivement. Notre société est (malheureusement?) à notre image. Cette simplification cache cette vérité plus complexe et crue et ne sert strictement à rien, ne permet pas de construire.

Paradoxe donc... mais c'est toute la beauté de l'humain. il n'y aura pas de révolution amenant un monde meilleur, pas de collectivisation des ressources et de la production pour le bien de tous. Nous avançons sur un chemin tordu, à l'aveugle, mais nous avançons. Nous devons rêver une société plus juste et plus libre et essayer de la mettre en place. Nous devons aussi accepter notre comportement égoïste, individuellement essayer de faire des efforts, collectivement s'engager pour influencer les autres.
Encore une fois, nous construisons un monde à notre image. Aussi repoussante ou belle que cette image puisse être, il est à notre image. Pour moi, croire en l'Homme ce n'est pas vouloir renverser le modèle actuel, c'est reconnaître que ce modèle laisse l'Homme libre, reconnaître que nous pouvons nous organiser autour d'états, d'institutions qui essayent de gommer les inégalités et de fournir des biens publics. C'est croire que dans ce cadre nous construisons, avec des hauts et des bas, un mode a notre image, et croire que ce monde sera meilleur.

Simpliste ? Oui, je ne suis pas philosophe et manque de profondeur dans mon analyse.

Naïf... peut être, certainement même, mais....n'est ce pas cela croire en l'Homme ?

dimanche 27 avril 2008

Emotion et polémique au coeur de notre société

Notre société est en train depuis plusieurs années de basculer dans un mode de fonctionnement guidé par l’émotion. C’est assez pernicieux comme cheminement, cela pourrait remonter à la campagne sécuritaire de Jacques Chirac en 2002 relayée par les médias. Tranquillement l’affectif, l’émotion, le traitement polémique des sujets dans le médias, s’engouffre un peu partout dans notre société.
Emotion et polémique sont en quelque sorte les nouveaux jeux antiques que l‘on livre au peuple pour les satisfaire. Ils deviennent la manière de traiter les sujets et d’en débattre.

Emotion Suivante!.....
Médias et politiques surfent sur ces sentiments et ce serait se montrer insensible que d'émettre une vue différente.
Je prends quelques exemples: la banderole insultants les gens du Nord, le ‘suicide’ de...(je suis volontairement provocateur) tiens comment s’appelle cette femme au visage déformée par une tumeur, qui demandait a mourir dignement et dont le nom était dans tous les médias.... il y a trois semaines il me semblait la connaître intimement, aujourd’hui je n’entends même plus le moindre bruit sur le sujet. Le traitement est accès sur l’emotion, il faut faire naître une empathie chez les gens, pointer le racisme, la violence, ou l’inadaptation des lois face a la mort et la souffrance. Le débat de fond est à peine ébauché que l’on passe à autre choses, à l’émotion suivante.
Un peu plus polémique:
Darfour, Ingrid Betancourt, Tibet, émeutes de la faim, spéculation financière, pouvoir d’achat...
Il faut provoquer l’émotion jouer sur la corde sensible, montrer, parler de la souffrance pour susciter cette empathie toute temporaire avant de passer a une autre ‘cause’. Il faut aussi que tout le monde puisse comprendre, faire simple donc, privilégier le sentiment sur le fond. Et pourtant....ces sujets sont bien sur dramatiques et l’ émotion somme toute légitime. Mais le traitement par les médias, la superficialité, l’accroche émotionnelle choisie est choquante.
Ce mode de traitement nous cantonne forcement a la simplification, a la superficialité et nous impose, nous dicte une façon de penser et de réagir tant il serait indécent de ne pas être touche par l’émotion.... dictature donc.

Nous traitons des sujets graves comme nous traitons des sujet léger. Nous traitons de la faim dans le monde ou de la détention d’otage comme nous traitons de la vie privées de nos hommes politique ou de nos stars du show business.
On nous parle de ‘people-isation’ de la vie politique. Oui. Mais c’est un phénomène beaucoup plus profond, qui touche toute l’information.
Le traitement émotionnel et polémique de tout. Voila ce qu’est la ‘people-isation’. c’est une gangrène qui gagne toutes le couches des médias, locaux ou nationaux. Il suffit de passer quelques minute a l'écoute de Morandini sur Europe 1 pour saisir cela. On recherche à faire vibrer la corde sensible des gens, à mettre face à face dans des débats des personnes opposées non pas pour l'intérêt constructif d’une discussion mais pour provoquer une polémique. On rajoute la dessus un invité surprise qui met de l’huile sur le feu afin de raviver le brasier et on reste avec un goût amer de superficialité sans forcément avoir fait avancer l’information, sans donner les différents arguments de fonds aux auditeurs, en privilégiant la confrontation au fond, en simplifiant toujours, en s;attachant à la forme, à l’affrontement plutôt qu’au fond.


Les politiques reflètent notre société
...et sans surprise, nous avons élu le président qui symbolise parfaitement cette vague de fond qui dure depuis plusieurs années. Nous avons un président qui a maîtrisé parfaitement l’art de l’emotion et la polémique. Du parler vrai! en fait c’est du parler simpliste qui réduit le discours politique à une sorte de choix binaire et sans être évident. ‘mais enfin c’est tout de même extraordinaire, il y a des gens qui travaillent et qui ne gagnent pas assez pour vivre dignement, je veux remédier a cela, est ce mal?’ ‘euh... ben... non non...’.... ‘bravo monsieur le candidat, je vote pour vous’.
Voila comment on se retrouve pour 5 ans avec un présidents a l’image de notre société et de nos médias à l’image de notre société...à notre image.
Je ne veux pas faire de l’anti sarkosisme, car ce n’est pas Sarko qui est cela, c’est nous, et ce depuis quelques années déjà.

vendredi 22 février 2008

Demagogie, Pouvoir d’achat et… les socialistes

J’attends toujours une reconstruction de l’opposition, particulièrement une reconstruction du PS afin d’entendre une alternative constructive au gouvernement actuel. Depuis la défaite des présidentielles je ne vois pas grand chose venir et il faudra probablement attendre le prochain congrès…vision optimiste qui déteint très vite quand j’écoute les ténors du parti.

Lundi (19 février) matin j’entendais Ségolène Royale sur France Inter appeler les électeurs à sanctionner le gouvernement lors du vote des municipales. Très bien, c’est son rôle. Elle utilise ensuite l’argument du pouvoir d’achat (parmi d’autre) sous entendant que tous les français déçus des promesses de Nicolas Sarkozy et souffrant d’une baisse du pouvoir d’achat devraient se tourner vers le PS.... sous entendant donc que sur le pouvoir d’achat le PS qui lui ne les décevra pas…

Nicolas Sarkozy paye aujourd’hui son discours de champagne sur le pouvoir d’achat. Il est incapable de tenir ses engagements de champagne et la frustration des français est d’autant plus forte que les attentes étaient grandes.

Voila maintenant que Ségolène royale utilise elle même cet argument.

Le pouvoir politique n’a que très peu de prise sur le pouvoir d’achat.

A court terme, certaines actions d’urgence, forcément limitées, peuvent être prises. Je suis en désaccord avec la partie de la gauche qui pense que c’est le rôle du gouvernement de faire pression sur les entreprises pour rehausser les bas salaries. Il n’est pas non plus raisonnable de miser sur des primes distribuées sur le budget de l’état au plus bas revenus. Ces mesures peuvent être nécessaires mais ce n’est que marginal, elles doivent être ciblées sur les plus grosses inégalités. Ce n’est pas le rôle du gouvernement, par manque de moyen bien sur mais aussi car c’est du domaine du privé, du rapport de force entre employeurs et employés.

A long terme, les actions et décisions politiques peuvent avoir une influence. Mais il y a une déconnection entre les actions prises et l’impact sur le pouvoir d’achat de part le décalage dans le temps et le lien indirect antre action et effets. Ce sont des reformes de structures qui peuvent modifier sur le long terme les conditions économique et donc le pouvoir d’achat.

Je pense que l’opinion publique est encore habituée à un état ‘Gaullien’, c'est-à-dire pense que l’état peut rapidement résoudre les problèmes tels que le pouvoir d’achat et apporter des solutions directes. Les politiques, Nicolas Sarkozy en tête avec sa campagne sur le pouvoir d’achat, contribuent a entretenir ce phénomène. Nous voyons d’ailleurs le ‘retour de bâton’ dont est victime le présidente qui ne peut bien sur pas tenir se promesses et est victime de sa démagogie.

Ce serait une erreur tragique de la part des socialistes, d’emboiter le pas des promesses démagogiques. Il est temps d’avoir un discours politique plus sincère, clair sur ce que peut faire un gouvernement. Il faut présenter clairement aux français le rôle et les capacités de l’état et d’arrêter les discours démagogiques qui ne font que décrédibiliser l’action politique aux yeux des français. Le PS, en pleine reconstruction et en quête de direction saura-t-il prendre ce tournant ou emboitera-t-il le pas en faisant du ‘sarkosisme’ d’opposition…

dimanche 17 février 2008

Politiquement Mou...


Grève des chauffeurs de taxi...

La situation actuelle et proche d’une rente de monopole dont bénéficie un nombre restreint de chauffeurs ayant paye très cher une licence leur donnant le droit d’exercer.

L'idée de la commission Attali: modifier en profondeur ce secteur afin de supprimer ce système de licence pour d’augmenter le nombre de taxis et de baisser les prix.

Les bénéficiaires: tous les usagers actuel, tout ceux qui ne prennent pas le taxi parce que cela coûte trop cher.

Conséquence: une grève sur une proposition, sans aucune volonté de la part des taxis de négocier.

Résultat: recul immédiat du gouvernement.....

Quelle est donc cette conception de la politique?
L'idée d’origine est il doit y avoir plus de taxis, et leur prix doit être beaucoup plus bas.
Je suis d’accord. Je ne dis pas que les chauffeurs de taxi ne travaille pas beaucoup. C’est un métier dur, impliquant de longues heures, travail le dimanche ou la nuit... les charges sont importantes, il faut rembourser les emprunts nécessairement a l’achat de la licence.
bien.
Mais c’est une situation de monopole, contrôlée par un système de licence et les prix sot et conséquent artificiellement élevés. Il n’y a aucune raison que nous, usagers, financions une rente de monopole.
Nous devrions pouvoir prendre le taxi en famille le dimanche afin de pouvoir boire un verre de vin au restaurant ou le samedi soir en sortant d’un bar ou de boit de nuit. Le taxi devrait être abordable pour les classes moyennes ou les étudiants. Cela est impossible au prix actuels.

La force du politique est de décider de ce que l’on souhaite, de fixer un objectif et ensuite de négocier pour y parvenir. En l'occurrence modifier en profondeur le secteur des taxis pour le bénéfice des usagers.
Il faut ensuite, bien sur, compenser les pertes pour les acteurs du secteur... rachat des licences et autres aménagement...cela se négocie.

Il n’y a même pas eu de négociation....

Nous sommes devant un échec de la volonté politique qui recule devant une grève lancée sur une simple proposition, sans même engager la moindre discussions sur les conditions de compensation....
Gouvernement girouette qui fonctionne a vue, en fonction de l’opinion publique et manque totalement de volonté et de direction.

Une note de fin. le tarif des taxis a augmentéde 3% en fin de semaine.....

mardi 5 juin 2007

PS : Il faut que ça pète !


Beaucoup de choses ont été écrites sur la situation post élection présidentielle au PS. Il y a un débat d ‘idées fait émerger deux courants, entre les tenants d’un virage à gauche et ceux d’un recentrage du parti. Il y a un débat de personne, avec en toile de fond des règlements de comptes et un semblant d’unité pour les élections avenir.
Je pense que tous les éléments sont réunis pour que le PS explose. Ce n’est pas mauvais, c’est peut-être même, paradoxalement, la seule solution viable.

La remise en question après une défaite électorale est naturelle. On essaye de tirer les leçons de la défaite.
Idéalement il faudrait se pencher sur le fonds, sur les idées et propositions mises en avant. Se regarder soi pour comprendre ses erreurs, ses forces et ensuite construire une nouvelle plate-forme politique.
Idéalement il faudrait aussi que les conflits de personnes passent après les conflits d’idées. Pour être un peu plus pragmatique (la politique est aussi une affaire de personnes) il faudrait que derrière les combats de chefs se dégagent de vrai combat d’idées.
Idéalement il faudrait, arriver à convaincre la base et fédérer l’appareil du parti. Bien sûr il y a toujours des tensions, c’est d’ailleurs sain, c’est signe de débat et de vie, c’est ce qui permet d’évoluer, d’avancer avec la société.

Concrètement ?
Tout est en place pour que ça pète

- Le débat d’idées.
Pour pouvoir gagner il faut définir clairement ses positions... Les causes de la défaite et des défaites à venir si rien ne change est la. En se sens les deux côtés ont raisons. La candidate PS ne s’est pas vraiment extraite de l’idéologie de son partie. Les dissensions au PS, les trahisons ont fait le jeu de l’adversaire. Le programme n’était pas clair.
On ne peut pas se réfugier derrière des arguments tournés vers l’extérieur (Il y avait Sarkozy en face, les gens se laissent abuser) et ne pas regarder la situation et l’image du PS.
On ne peut pas construire, innover, avancer en ne faisant que ménager des courants d’idées si opposés.

- La lutte des chefs
Il est intéressant de noter que la lutte des personnes ne semble pas coller exactement au débat d’idées, les favoris étant plutôt contre une orientation à gauche. Il est difficile de distinguer ce qui différencie vraiment Ségolène Royale de Dominique Strauss Kahn. Ils font partie de la même famille politique, du même courant d’idée au sein du PS et leurs différences sont à la marge.
Mais cette lutte est âpre. Les ambitions individuelles importantes. Les comptes devront être réglés.

- Une défaite, une autre probable, et une faible perspective de représenter un contre-pouvoir efficace. L’accumulation des échecs et la perspective de devoir attendre 5 ans pour reconquérir sinon le pouvoir, au moins un véritable poids d’opposition, vont attiser la discorde. La discorde sur le fond bien sûr, mais aussi stigmatiser les positions personnelles, attiser les rancoeurs et enlever toute retenue.

Situation explosive donc.
Tant mieux.
Non pas que je souhaite que le PS s’enfonce non. J’écris tant mieux pour le PS.
Quel que soit le virage idéologique qui sera fait, quelle que soit l’issue de la guerre des chefs, il est essentiel de purger cette situation, de clarifier les orientations et de cesser d’essayer des compromis qui ont conduit à la défaite.

Un peu de politique-fiction.
Je pense que le courant ‘moderne’ l’emportera, le courant qui se détache, sur le plan économique, de l’idéologie traditionnelle de gauche. Dans les deux camps, les valeurs sont assez similaires, le soucis d’entraide, de rejet des inégalités. C’est dans la vision des outils à utiliser qu’est la différence. Je m’avance à ce pronostic car les deux favoris, Dominique Strauss Kahn et Ségolène Royale représente ce courant.
Ils devront alors avoir le courage de leurs idées tout en laissant la porte ouverte à ceux souhaitant les rallier.
Dans l’autre camp, les tenant d’un virage à gauche pensent que l’on ne peut gagner que par un retour au discours de gauche. La défaite vient pour eux d’avoir voulu essayé de se rapprocher de la droite, de s’être laissé entraîner au centre ou a droite par Nicolas Sarkozy. Ceux la ne pourront pas rester dans un parti prenant un virage plus libéral. Il y a probablement de la place pour recréer un parti de gauche sur des idées de gauche en utilisant aussi les forces de Chevènement, Besancenot, du PC… ce n’est pas beaucoup certes, mais si on ne peut gagner que sur des idées de gauche, il faudra fédérer pour renforcer le poids de ces idées.

Ça pétera donc.

mercredi 30 mai 2007

Travail non qualifié: SMIC un outil a tout faire?


Le SMIC à 1500 euros ? C'est une évidence pour le parti socialiste. L'augmentation du salaire minimum est-elle forcément une évidence ? Peut-on même poser cette question ?

Au-delà du débat sur le capitalisme et une alternative à ce système, nous sommes dans une économie de marché dans laquelle le gouvernement intervient afin de compenser les inégalités de distribution de revenu. Il y a plusieurs façons d’intervenir et le débat est souvent idéologique. Je souhaite présenter ce débat en abordant le rôle du salaire minimum et la possibilité de solutions alternatives.

Deux grandes familles d’intervention

- Les interventions post-marché. Le marché fonctionne et l’on utilise une taxation progressive associée à des transferts de redistribution afin de rendre les résultats du marche plus justes. C’est le cas de l‘impôt sur le revenu, et des minima sociaux. Ce sont des interventions fiscales car présente au budget de l’état.
- Les interventions sur le marché pour modifier son fonctionnement. Un exemple est la mise en place d’un salaire minimum, qui est une intervention salariale

Un choix Politique, Idéologique, Moral

Comment choisir entre ces types d’interventions ?
Le salaire minimum est une intervention sur le fonctionnement du marché du travail. C’est une forme de prix plancher.

Pourquoi un salaire minimum ?
Le salaire est lié a la productivité du travailleur et il n’y a aucune raison pour que la productivité des moins qualifiés induise un revenu suffisant pour vivre. Une intervention est donc nécessaire afin de permettre un revenu suffisant. Nous retenons en France une politique salariale qui intervient sur le marché.

Ce choix est en partie idéologique, utiliser le salaire minimum comme levier est en général associé à l’idée que le prix du travail, le salaire, n’est pas un prix comme les autres. Le salaire devrait être fixé sur des considérations de justice et d’équité et non d’offre et de demande. S’extraire des forces du marché n’aurait aucun effet négatif… Et souligner ces aspects négatifs est souvent associé à de l’extrémisme libéral.

Pourtant, d’autres solutions sont possibles, des actions fiscales qui permettraient le même revenu aux travailleurs moins qualifiés. Pourquoi augmenter le coût du travail non qualifié ce qui va mettre certains travailleurs en dehors du marché de l’emploi ? Pourquoi ne pas utiliser un autre levier qui serait un levier post-marché en donnant à ces travailleurs un crédit d’impôt ou un impôt négatif ?

La réponse est à la fois d’ordre politique et idéologique


- Politique car un salaire minimum fait sortir le coût de la redistribution du budget de l’état. Beaucoup d’économistes vont donc soutenir le levier salarial plutôt qu’un levier fiscal pour cette raison. Nous avons donc un salaire minimum qui a un rôle de redistribution … Tout en excluant certains travailleurs non qualifiés du marché du travail.

- Idéologique, voir morale : Il y a une opposition à l’idée que les salaires soient des prix de marché. Certains verraient une prise en charge de cette redistribution par l’état sans passer par le SMIC comme un cadeau fait aux employeurs. La réalité est bien sûr plus complexe car le marché est amoral par essence et cette amoralité ne peut être nié ou supprimée par la loi. La productivité et le salaire sont forcément liés et si l’on impose un salaire minimum au-delà de la productivité du travailleur non qualifié cela va impacter négativement la décision d’embaucher.

Utiliser le SMIC comme outil de redistribution ?


Le SMIC est un outil extrêmement délicat à manier. Pour le travail non qualifié, le coût du travail joue beaucoup sur la demande d’emploi des entreprises. Une hausse du salaire minimum laissera des travailleurs non qualifiés en dehors du marché du travail.

Affirmer que la revalorisation du SMIC n’est pas forcément une bonne chose pour les travailleurs non qualifiés est difficile sans une levée de bouclier et sans être taxé d’extrémiste libéral souhaitant uniquement augmenter les profits des patrons. Mais l’ultralibéralisme si tenté que cela existe c’est de laisser faire et de nier l’échec des mécanismes économiques traditionnels dans la redistribution du revenu vers les moins qualifiés et les plus pauvres.
Je reconnais cet échec, et je reconnais le rôle essentiel de l’état. Je pense que le levier du SMIC n’est pas optimum pour assurer un emploi aux non qualifiés et leur assurer un revenu décent.
Je suis proche des solutions proposées par l’économiste Olivier Blanchard qui met plus de poids sur les leviers jouant ‘post marché’ pour assurer une redistribution :
- Un impôt négatif sur les revenus du travail
- Des cotisations faibles ou nulles sur les bas salaires
- Un salaire minimum bas, jouant le rôle d’ancre et n’étant donc pas le principal moyen de redistribution pour les travailleurs non qualifiés

Les solutions doivent êtres globales

Raisonner uniquement sur le SMIC est réducteur, il est essentiel de dézoomer le cadre de la réflexion et d’intégrer la redistribution vers les chômeurs, et la lutte contre la pauvreté. Cette vison globale est essentielle pour aider efficacement les plus pauvres et les moins qualifiés, éviter les effets de seuil en maintenant l’incitation à l’emploi.
Olivier Blanchard (« Être de gauche n’est pas être ignorant », Libération, 8 janvier 2001) décrit les outils dont nous disposons:
- Un salaire minimum afin d’éviter des abus
- Un revenu minimum pour éviter les drames
- Un impôt négatif pour éviter les effets sur l’emploi.

À plus long terme je rajouterais la formation, le reclassement, l’éducation.

La frontière du salarial (intervention sur le marché) et du fiscal (post-marché) doit tomber (lire Vacarme). Le SMIC ne doit pas être un champ de bataille idéologique et ne doit pas être l’instrument principal de redistribution vers les moins qualifiés.
Attention ! Le problème prend et va prendre une importance grandissante : les inégalités de produit marginal du travail augmentent car la globalisation et le progrès technologique introduisent un biais envers les plus qualifiés.

mardi 29 mai 2007

Le débat démocratique en danger: nos institutions en question.


J’ai beaucoup de mal à m’intéresser à la campagne des législatives. Mais, pour qu’un intérêt soit créé il faut du contenu ! Cette désaffection, ce manque de goût est peut-être tout simplement dû a l’absence de campagne. Enfin, disons qu’elle est réduite à sa portion congrue : valider l’élection présidentielle ou rêver d’une cohabitation. Quant au résultat… il ne fait pas trop de doute. Manque d’intérêt donc. Et perte de temps, car il y a très peu de valeur ajoutée pour le débat démocratique.

Un constat : contre-pouvoir en danger

Notre régime est semi-présidentiel… mais qu’est ce qu cela signifie? en fait tout dépend :
- de la personnalité du président et du choix, du rapport avec le chef de l’exécutif, le premier ministre.
- du calendrier électoral
Notre situation ? Combinaison d’un président actif et impatient et d’une élection législative si proche de la présidentielle qui va probablement valider la majorité présidentielle. Nous nous dirigeons comme le souligne Jacques Attali vers une monarchie quinquennale.

L’analyse de Jacques Attali est la suivante. Quinquennat et inversion du calendrier électoral rendent le débat pour les législatives caduc. Le président aura vraisemblablement une majorité au garde à vous et tous les pouvoirs pour 5 ans, mis à part peut être des défaites aux municipales et régionales exprimant une frustration démocratique.
L’analyse est pertinente, l’inversion du calendrier a été une décision majeure dans le fonctionnement de nos institutions, mettant tout le poids du débat démocratique sur le président et lui seul et affaiblissant le rôle de l’assemblée.

Dans un sens, cela semble cohérent avec l’élection du chef de l’état au suffrage universel. Nous élisons le président et non pas le Premier ministre. J’ai toujours été frustré sous Jacques Chirac de voir les feux médiatiques sur des Premiers ministres pour lesquels le peuple n’a pas voté avec un président en retrait dans le rôle du sage.
Le danger est dans la faiblesse du contre-pouvoir que devrait représenter l’assemblée. Non pas que l’assemblée doive t être opposée au président, mais son élection doit être précédé d’un débat constructif alors que nous sommes simplement dans une phase de validation ou non des présidentielles. Le danger est dans le manque de débat démocratique et d’expression démocratique dans cette monarchie quinquennale. Les frustrations seront exacerbées et cela renforcera les extrêmes, la radicalisation des positions d’opposition en empêchant un véritable débat constructif entre les partis de gouvernement.

Revoir les institutions

Il est nécessaire de revoir le rythme démocratique pour recréer un dialogue et une opposition constructifs.

L’importance en France de l’élection présidentielle au suffrage universel m’incite à penser que notre culture institutionnelle, notre histoire récente, nous rapproche d’un régime présidentiel, plutôt que parlementaire.
Je serais donc favorable à un régime présidentiel, élection au suffrage universel du chef de l’état qui est également le chef de l’exécutif.
Il ne faut pas tomber dans la situation décrite par Jacques Attali de monarchie quinquennale et Il faut donc un contre-pouvoir à ce président chef de l’exécutif.

Il me semble nécessaire de découpler en partie les élections présidentielles et législatives. La solution pourrait être de mettre en place un renouvellement par moitié ou par tiers des députés. Les avantages de ce système sont :

- Introduction d’une meilleure respiration démocratique. Mettre en place une élection législative partielle en cours de mandat du président permet un débat sur les orientations et décisions prises. Cela redonne la parole au peuple de façon plus significative qu’une élection régionale ou municipale. Cela redonne son pouvoir et son rôle aux élections législatives

- Le changement de majorité à l’assemblée sera plus significatif à cause du renouvellement partiel. Il pourra se produire sur une élection de façon radicale ou alors s’inscrire dans un mouvement de fonds sur deux élections législatives. Les résultats des législatives seront des signaux forts pour l’exécutif.

Nous aurions un régime présidentiel, mais avec une assemblée nationale qui retrouverait son importance car le débat pour les élections législatives ne serait pas escamoté comme c’est le cas en ce moment.

Je suis bien sûr conscient que dans un tel système il y a beaucoup d’autres points à régler, veto du président sur l’assemblée, mode de scrutin pour les élections législatives. Mon but ici n’est pas de rentrer dans les détails. Je souhaite soulever le problème causé par la situation actuelle, la frustration qui en ressortira forcément par manque de débat démocratique ainsi que la montée des extrêmes et la polarisation de l’opposition. Il me semble essentiel de réfléchir à des solutions afin de rétablir le jeu des contre-pouvoirs tout en préservant la fluidité de l’exécutif et du législatif. Une solution pourrait être un régime présidentiel avec élections législatives partielles pour redonner toute sa place au pouvoir législatif, renforcer le débat démocratique et éviter l’accumulation des tensions et frustrations dangereuses pour la démocratie.

lundi 21 mai 2007

Assistanat, effets de seuil et Martin Hirsch


Depuis que Martin Hirsch a été nommé Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, les médias nous parlent d’effets de seuil. Je souhaite explorer ce que sont ces effets de seuils et comprendre cette approche de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion.

Définition d’un effet de seuil : tout ou rien

Tout d’abord une définition de ce qu’est un effet de seuil :
De façon très générale, un effet de seuil est l’apparition de phénomènes quand une variable atteint une valeur donnée.
Un peu rébarbatif.
De façon plus intuitive, on peut opposer un effet de seuil à une situation où il y a une continuité et où l’on voit le phénomène apparaître progressivement quand la variable varie.
Passons au domaine des minima sociaux. L’idée est que ces minimas créent des effets de seuil, car au-delà d’un certain revenu ou au-delà d’un certain nombre d’heures travaillées les minima disparaissent. Ils ne sont plus versés. Il y a une discontinuité et non pas une progressivité dans leur disparition. C’est tout ou rien.

Un rapport de la commission des affaires sociales du sénat de 2005 (‘Minima Sociaux et reprise d’activité’) soulignait non seulement la complexité du système, de nombreuses conditions donnant droit a l’un des 9 minima sociaux, mais également, l’apparition d’effets de seuil. C’est-à-dire une perte brutale de ressources en cas de retour à l’emploi.

Un changement de philosophie

On retrouve souvent deux camps extrêmes et caricaturaux quand on explore les avis sur les minima sociaux et sur le rôle de l’assistanat.

- D’un côté, des partisans sans concessions de l’aide aux plus pauvres, soutenant sans distinctions toutes mesures d’aide et d’assistance. Au centre de cette idée, le sentiment que toute aide est bonne car c’est un pas dans la bonne direction, et qu’il faut combattre pour préserver les acquis.

- De l’autre, les anti-assistanats. Ceux qui y voient une prime a l’inactivité et soutiennent que l’assistant n’est pas souhaitable car il n’incite pas au travail, il nivelle par le bas en créant une société d’assistés.

Dans les deux cas c’est mettre le débat sur le terrain de la morale et les positions se radicalisent en s’accrochant à des dogmes.
C’est une approche différente, loin des clichés et raccourcis, qui est prônée par Martin Hirsch qui lui, souhaite œuvrer pour vaincre la pauvreté.


Effet de seuil et reprise du travail


Martin Hirsch a présidé en 2004/2005 un groupe de travail ‘familles, vulnérabilité, pauvreté’. Une des propositions de ce groupe était la création du Revenu de Solidarité Active (RSA).

La logique est centrée sur l’effet de seuil : un retour au travail peut se traduire par une baisse de revenu. Notre système d’aides crée des poches, des trappes d’assistanat, non pas parce que les personnes ne souhaitent pas s’en sortir ou ne recherchent pas d’emploi préférant profiter du système, mais parce qu’il n’est pas intéressant financièrement de le faire.
Il faut donc briser cette discontinuité et introduire de la continuité: il doit y avoir une incitation financière au retour au travail. Le RSA pourrait donc combiner les minima sociaux et aides fiscales, les aides aux logements. À chaque heure travaillée, le RSA baisserait, mais de façon moindre que le gain procuré par le travail. L’assistance est préservée et elle ne disparaît pas d’un coup mais progressivement.

Critiques

On retrouve plusieurs types de critiques au RSA :

- C’est une mesure de renoncement et une acceptation que notre société n’est pas capable de fournir un travail correctement payé a tous.
Je pense qu’en effet, la productivité de certains emplois ne garantit pas un salaire permettant de vivre décemment et que les aides sont nécessaires.

- C’est un aveu et un ralliement au camp de ceux qui pensent que l’assistance découragerait le travail.
J’ai parlé plus haut de cette approche que je considère dogmatique. Il faut trouver un juste milieu, préserver l’incitation à travailler tout en aidant les plus pauvres.

- Le coût de cette mesure. J’ai trouvé différents chiffres, entre 3 et 8 milliards…
La critique du coût est en biaisée car il faudrait mesurer le coût pour la société des effets de seuils créés par les mesures d’aides standards.

- On rajoute une couche au système distributif sans évaluer les mesures existantes.
Je suis plutôt en phase avec cette critique car le risque est de complexifier le système et de construire une véritable usine a gaz sans lisibilité. Il faut également un effort de simplification.

Conclusion

Cette approche est pour moi dans la même famille qu’une idée d’impôt sur le revenu négatif pour les petits salaires. L’idée étant, pour l’état, de compléter les revenus du travail si ceux-ci ne permettent pas de vivre décemment. L’état a un rôle important à jouer dans la lutte contre la pauvreté. Il faut aider, tout en rétablissant les signaux et les incitations économiques, en se sens combattre les effets de seuil est essentiel.

lundi 14 mai 2007

La déroute des Verts: un espoir pour l’écologie!


Résultat catastrophique au premier tour de la présidentielle, refus d’alliance avec le PS pour les élections législatives… C’est la déroute des Verts, explosion après une lente agonie. C’est la fin des verts comme parti politique, alliés plus ou moins fidèle du PS, qui ont essayés de pousser l’écologie par la gauche.
C’est une chance pour l’écologie.

Je me suis souvent senti proche des verts, avec une certaine sympathie pour certains de ses leaders. Ce qui me rapprochait politiquement des verts était cette certitude que les questions écologiques sont centrales, essentielles, vitales même.
Mais mes sympathies étaient d’une autre époque, d’une époque où peu de gens avaient entendu parler de dérèglement climatique, une époque où le litre d’essence était a 5 francs, ou l’on ne recyclait pas encore les poubelles en France. L’écologie était un peu marginale et son importance pour l’Humain était encore peu médiatique.
Le virage du siècle coïncide avec une accélération de la prise de conscience écologique et avec ce virage mon malaise envers l’écologie de parti politique

Les Verts ? une approche de l’écologie par la politique. Un choix de se situer sur la gauche de l’échiquier politique, de pousser l’écologie par la gauche. La justification a souvent été que les écologistes avaient une sensibilité de gauche… Peut-être que cela touche plus cet électorat mais, choisir cette approche, c’est se couper des autres Français. C’est une vision qu’il faut dépasser car elle est sectaire et réductrice alors que l’écologie a une valeur fondamentalement universelle.
En se sens la défaite des Verts est une chance pour l’écologie sur la place politique. Une chance de dépasser les clivages standard pour imprégner l’ensemble des partis.

Hulot fossoyeur des verts?

Pourquoi un tel résultat ?
En dehors des conflits et des problèmes de fonctionnement interne, on peut souligner deux éléments :
- Nicolas hulot aurait été pour les verts un fossoyeur, une sorte de missile balistique qui a fait exploser les restes d’ancrage du parti. La base verte a été balayée, les autres candidats ayant reçu un adoubement écologique en signant de La Référence Hulot, pourquoi donc voter Vert.
- Le phénomène du vote utile aurait joué pleinement son rôle, le PS a absorbé une partie des voix qui sans le choc de 2002 se seraient portées sur les Verts.

Mais ces éléments sont en fait des révélateurs de la faiblesse idéologique et du manque de leadership chez les Verts. Ils ne sont pas les causes mais les déclencheurs, mettant à jour le retard pris par ce parti qui a perdu sa base électorale pour avoir voulu une politisation
Les verts ont perdu leur ambition d’être une référence écologique dans la politique française et doivent se résoudre a n’être qu’un élément d’un mouvement qui ne peut être que transversal devant l’universalité du problème.

Quelle écologie demain?

Les limites de la démarche Hulot : Il n’a fait qu’une partie du chemin. Profitant de son statut de vedette de TF1 la chaîne populaire, il a fait de l’écologie people et a peut-être sensibilisé certains aux questions écologiques … Mais en présentant ses idées très tôt dans la campagne, en faisant signer une sorte de décharge écologique aux candidats nous avons clairement vu ses limites.
Nicolas Hulot, les Verts ne sont que des pierres dans un édifice qui doit se construire par la base.

La prise de conscience écologique est inverse de la démarche des verts. Ce n’est pas du ‘Top Down’ mais du ‘Bottom Up’ pardon pour les anglicisme, on peut aussi utiliser l’image des pyramides inversées. D’un côté le pouvoir vient du sommet et les idées les actions sont ensuite poussées vers la base. De l’autre le pouvoir émerge de cette base, les idées naissent et se développent au sein du peuple. Le mouvement écologique, la conscience écologique ne peut pas être politisée à priori comme le font les Verts. La prise de conscience ou la prise de pouvoir écologique doit se faire par tous et être ainsi propagé dans toutes les couches de la société, dans les medias et la sphère politique.

Pression = force / surface

L’écologie est indépendante des partis politiques. Elle est fondamentalement transversale et doit imprégner toutes les réflexions et décisions politiques. Cela signifie que la force appliquée est beaucoup plus diffuse car la surface d’application augmente. La pression serait donc plus faible. Il est donc du devoir de tous de contribuer à augmenter cette force pour inverser cette baisse de pression et mettre véritablement l’écologie au cœur de la politique, mais surtout, avant tout au cœur de nos vies. Internet comme nouveau moyen de mise en relation remplira en partie ce rôle et nous donnera à nous citoyens la capacité de contribuer a cette force. Nos actions de consommateur doivent aussi prendre en compte cette dimension.
Malheureusement, cette force sera aussi causée par les événements externes, sècheresses, inondations, aléas climatiques, hausse des prix du carburant qui contribueront sans aucune nuance à la prise de conscience de l’urgence du problème.

Quel leadership?

Enfin, il faudra toujours des leaders pour incarner les idées, pour que le peuple s’identifie aux idées. Les Verts ne tiendront plus ce rôle en France et Hulot n’est qu’une version people d’un leader écologique.
Al gore est un exemple de leader mondial. J’attends des leaders Français. Européens. J’attends et j’essaie d’agir…à mon échelle.

dimanche 13 mai 2007

Un Tony Blair en France ?




Après dix ans au pouvoir Tony Blair se retire le 27 juin prochain
Révolutionnant son parti, son pays et certaines gauches européennes il est un personnage politique central en Europe….paradoxe pour un Royaume Unis toujours frileux a l’égard de l’Union. À travers ses succès et échecs et selon ses propres convictions politiques, on peut tracer de lui un portrait en demi-teinte. Je voudrais en revenant sur quelques éléments de son parcours, en effleurant la surface du Blairisme, comprendre l’impact qu’il peut avoir sur notre paysage politique.

Il arrive au pouvoir en 1997, à 43 ans. Il est à la tête du Labour le parti ‘de gauche’ qui n’est plus au pouvoir depuis 18 ans. Les conservateurs ont mené pendant ces années une politique dure et austère, incarnée par Madame Thatcher. Une politique jugée nécessaire par une situation économique et industrielle désastreuse à la fin des années 70.
Avec Tony Blair c’est un leader extrêmement populaire qui arrive au pouvoir, et un nouveau labour, une nouvelle manière d’aborder les problèmes économiques et sociaux, une nouvelle vision politique promettant de maintenir un taux d’imposition assez bas tout en investissant dans les services publics.

L’impact de Blair est tellement important que là où, au début de son mandat, on parlait de new labour, on utilise maintenant le terme de Blairisme. Il y a eu beaucoup de commentaires en France sur cette nouvelle gauche, peut être parce que chez nous se pose toujours la question de ce que sont les valeurs de gauche. Est-ce une gauche ayant viré sa cuti pour se rallier aux idées de droite ? est-ce du libéralisme pur et dur ? La réalité est bien sûr complexe. Reprenons quelques faits de ces 10 années de ‘Blairisme’, parfois assez contradictoires.

Impact social et économique :
- Création d’emploi dans la fonction publique
- Doublement du budget de l’éducation et triplement du budget de la santé
- Investissement dans les transports
- Indépendance de la Banque d’Angleterre.
- Instauration en 1999 d’un salaire minimum
On retrouve à la fois, un renforcement du rôle de l’état (bien que ça reforme sociale (welfare state) fut incomplète), mais également une vision moderne de la réalité économique.

Impact international :
- Réconciliation en Irlande du Nord
- Engagement en Irak
L’histoire récente fait peser un poids important sur ce dernier point, un échec qui entache son départ.

Nous sommes face à un bilan contrasté, avec certes une prospérité mais qui à peut-être plus bénéficiée aux catégories aisées. Malgré ce constat, le style Tony Blair, l’abandon de certaines idéologies a profondément marque le paysage politique britannique et a inspire de nombreux partis de gauche en Europe.

Nos Leaders et Tony Blair

On trouve souvent des exercices de comparaison, des parallèles entre Tony Blair et les leaders politiques français. Qui sera le Blair à la française ?
Je crois que nous n’avons pas eu d’équivalent en France, tout simplement parce que nous n’avons pas eu non plus de Thatcher.

Nicolas Sarkozy ?

Il est vrai que son dynamisme peut rappeler celui de Tony Blair qui démontrait aussi cette volonté, cette énergie à vouloir changer le pays. Une différence quand même Tony Blair avait 43 ans au moment de sa prise de pouvoir et pas de responsabilités politiques passées comme c’est le cas pour Nicolas Sarkozy. Une autre différence. La droite en France est au pouvoir depuis des années, avec quelques cohabitations. Le labour de Tony Blair avait été sevré de pouvoir. Le dynamisme de Tony blair son envie de changer, de faire bouger le pays était d’autant plus fort que l‘emprise des conservateurs avait été grande.
D’autre part la base électorale de Nicolas Sarkozy n’est pas du tout la même que la base électorale populaire qui a porté Tony Blair au pouvoir il y a dix ans. L’électorat de Nicolas Sarkozy reste en grande partie, un électorat traditionnel de droite.

Un Tony Blair français à gauche ?

!….. Tony Blair avait décomplexé la gauche anglaise, en proposant une manière moderne d’aborder les questions économiques. En acceptant l’économie de marché sans renier ses bases sociales. Le PS se débat une fois encore entre coup de barre à gauche derrière Laurent Fabius et tentative timide de social-démocratie. Et surtout ne pas associer les mots ‘social-libéral’. Libéral….un gros mot.
Au-delà de ces considérations, je pense que le PS se retrouve face au vent, incapable de virer et d’engager un cap car il y a eu en face un leader mou, et pas une Thatcher. Le new labour est né en réaction à la politique de Thatcher et comme dans tout phénomène d’action/réaction, son ascendance dans la politique britannique n’a été que rendue plus forte par la dureté de la ligne Thatchérienne. Ce new labour incarnait la volonté de trouver un équilibre entre le conservatisme de Madame Thatcher et les politiques sociales trop orientées vers les syndicats qui avaient auparavant caractérisé le parti travailliste, ouvrant d’ailleurs le champ aux conservateurs. Tony Blair n’avait pas un important ancrage dans son parti et rejetait la doctrine socialiste préférant se placer dans un centre gauche modéré. Il a profondément modifié la ligne de son parti qui auparavant faisait appel a l’état pour résoudre les problèmes sociaux. Je ne vois pas de leader ‘à la Blair’ dans le PS englué dans ses querelles, débats, et idéologies sclérosantes.

Au lendemain de l’élection, le leader politique actuel en France est Nicolas Sarkozy. Peut-être empruntera-il au Blairisme certains axes comme la conciliation du social et une visions plus libérale de l’économie. Mais je pense que nous sommes face a un ‘animal politique’, qu’on le support ou non, qui indéniablement marquera la politique en France pour 5 a 10 ans.
Les leaders naissent souvent en réaction à des situations ou à d’autres leaders. Je pense donc l’émergence d’un leader a gauche que l’on puisse comparer a Tony Blair prendra plusieurs années le temps a notre nouveau président de mettre son empreinte et générer des réactions. Un Tony Blair en France….Peut-être, mais pas avant 5 ans.

vendredi 11 mai 2007

Identité nationale, la panthère est lâchée


En attendant la formation du nouveau gouvernement, et de savoir si nous aurons ce fameux ministère de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai ressorti un livre d’Amin Maalouf de 1998 et malheureusement toujours d’actualité : ‘les identités meurtrières’.
Les identités…elles existent bien sur, elles ont tellement complexes et dynamique que ce ministère risque seulement d’opposer, dresser les Français les uns contre les autres et de nous appauvrir de la diversité.

Amin Maalouf compare les identités a une panthère car elle tue si on la persécute, elle tue si on lui laisse libre cours, le pire étant de la lâcher dans la nature après l’avoir blesser. Il note que la panthère peut comme les identités, être apprivoiser.

Parlons d’identité

Je me sens français. Il est difficile de mettre des mots sur ce sentiment. Il y a un sentiment d’appartenance à une identité commune quand, à l’étranger, je rencontre un compatriote. Nous avons des points communs, des références communes qui alimentent notre conversation et nous rapprochent. Ce sentiment d’appartenance est d’autant plus fort que cette personne a des points communs avec moi : même région, ville ou école…
Je me sens européen. Ce même sentiment d’appartenance existe aussi si, aux Etats Unis, je croise un allemand, ou un italien. Il est plus diffus et moins précis, mais existe d’autant plus que nous sommes dans un pays très différent de l’Europe.
Je pourrais aussi parler de la francophonie et du plaisir de parler français à l’étranger quand on rencontre un Suisse ou un Belge. Il y a la aussi un sentiment d’appartenance.
Les identités sont donc multiples. Elles sont un peu semblables à des ensembles imbriqués les uns dans les autres, avec des intersections, un coeur, et des liens qui s’atténuent lorsque l’on s’éloigne du coeur. Je rajouterais que ces ensembles ne sont pas absolus et se définissent, surtout quand on se rapproche du noyau, par rapport à la perception de chaque individu.
A ce titre je pense que l’on peux parler et échanger sur ce qu’est l’identité française. Mais….

Comment se forment les identités collectives

L’identité est extrêmement complexe et diverse, elle est forcément différente pour chaque individu.
Je pense que l’identité est dynamique. Non seulement pour un individu qui au cours de sa vie, de ses rencontres va évoluer mais également bien sûr pour une nation. L’identité collective d’un peuple se construit par la base. Par la somme des individus. Elle n’est pas définie, décrétée, imposée par le haut. L’identité est fugace et insaisissable. Elle s’enrichit des apports de tous et bine sur des apports des nouveaux citoyens venant de cultures et de religions différentes d’où son incroyable dynamisme.
Son caractère insaisissable rend un autoritarisme impossible, c’est le libéralisme qui l’emporte en matière d’identité car elle est construite par les individus, sans coordination.
Amin Maalouf présente deux formes d’héritage dont chacun est dépositaire. L’un vertical qui vient des ancêtres, traditions et communauté religieuse et l’autre horizontal venant de l’époque et des contemporains. Il souligne que le dernier semble le plus prépondérant, mais que paradoxalement, nous nous réclamons plus de l’autre.
Au temps de la mondialisation, la dimension horizontale est très importante. Elle peut être négative (uniformisation) ou positive (universalisation) et sans développer ces points je soulignerais donc que cette volonté de centralisme de l’identité française est vouée à l’échec face a la dimension de la mondialisation. Nous sommes ouverts au monde par les flux migratoires, par la facilité à voyager et à communiquer instantanément avec toute la planète. Notre identité est aussi façonnée par ces forces.

Imposer, centraliser l’identité est impossible, voir dangereux.

Nous ne combattrons pas l’uniformisation en nous rattachons à la dimension verticale de l’identité. L’universalisation doit être au cœur de la démarche politique t nul besoin d’un ministère de l’identité nationale pour cela. Ce ministère pensant lutter contre l’uniformisation ne servira à rien face aux forces en présences.
Plus grave encore. L’identité étant dynamique et complexe, centraliser la notion d’identité française c’est nier cette complexité et c’est se mettre en position de ne pas pouvoir évoluer et suivre ce dynamisme. Le risque de vouloir la définir, la centraliser, la contrôler même, est de créer des rejets car cette définition sera imparfaite, inadaptée. Ceux qui ne s’y reconnaîtront pas se sentiront attaqués… mais c’est peut-être le but recherché quand on entend des phrases simplistes comme ‘la France tu l’aimes ou tu la quitte’. On centralise, on étatise l’identité et si ça ne plait pas libre a chacun de partir ou de ne pas venir, comme si ce choix existait de façon aussi clair et simple ! Comme si celui qui ne se fond pas dans le pseudo moule n’avait pas la légitimité à être Français, c’est a dire à être ce qu’il (elle) est !
L’exclusion générée créera des tensions, les autres deviendront une menace. Pour chaque coté d’ailleurs, pour ceux qui se sentent représentés, intégrés dans la définition d’identité française et ceux qui se sentent exclus. Chacun se retranchera derrière la partie de son identité qu’il ressent comme la plus attaquée, On exacerbe donc les identités, on génère des tensions en opposant les uns aux autres. On exclut forcément. Les positions se durciront et le cycle vicieux de la haine, de la peur de l’autre et du rejet sera enclenché.

Vision négative peut être. Simplifiée, bien sur, le sujet est très vaste. J’aurais pu m’étendre sur l’immigration et les futurs besoins qu’aura la France dans ce domaine mais j’ai préfère m’attacher a ce concept d’identité.
Un gage de paix sociale et de société harmonieuse serait une France ouverte qui n’a pas peur des autres et des différences qui acceptent de changer en intégrant ce que les individus apportent de leurs cultures respectives. Ce n’est pas une société dans laquelle on impose une culture monolithique héritée du passé, mais dans laquelle on s’enrichit et s’épanouit de l’apport des autres cultures. Je ne comprends pas comment un ministère de l’identité nationale peut réaliser cela.

mardi 8 mai 2007

Une gauche décomplexée !

Je dois dire qu’en entendant Laurent Fabius parler d’une gauche décomplexée dimanche soir je n’ai pas compris tout de suite ce que complexe voulait dire. Je venais d’entendre Dominique Strauss-Kahn parler de la nécessité pour le parti socialiste de se tourner vers la sociale démocratie. Il était clair que ces deux la parlaient de choses différentes. C’est donc sur le mot complexe que mon esprit a un peu pédalé.

Complexe ? après une rapide recherche un complexe, dans la langue courante, décrit un sentiment d’infériorité. Une gauche décomplexée est donc une gauche débarrassée de ce sentiment d’infériorité. Bien. Mais quel est ce sentiment d’infériorité ?
Dans la bouche de Laurent Fabius, je comprends qu’il doit s’agir de l’attitude du parti socialiste face au fonctionnement économique, face au système capitaliste, bref en finir avec le complexe antilibéral, affirmer son antilibéralisme avec fierté.
Déception. Pendant quelques instants, j’ai espéré que le complexe soit ailleurs.
J’ai espéré…
…que le discours soit même inversé. Que le sentiment d’infériorité se loge, au contraire, dans cette difficulté à accepter le fonctionnement d’une économie de marché. Que l’on dépasse cette étape, pour pouvoir de façon constructive analyser, sans complexe donc, les problèmes posés par cette économie de marche afin d’apporter des solutions, des interventions intelligentes.
…qu’on puisse être de gauche et regarder le rôle de l’état avec un esprit critique, que les termes efficacité ou rentabilité ne soient pas tabous. Pas de complexes et un regard objectif, une exemplarité dans l’utilisation de l’argent publique.
… que l’on ne soit plus complexé quand on parle de service public et que l’on quitte le discours idéologique qui souvent confond intérêt des employés et intérêt des usagers. Que l’on puisse affirmer que le service public est d’abord au service des usagers.
…que l’on soit imprégné d’une vision juste de la société, que l’on n’attise pas les identités. Que l’on puisse prononcer le mot libéral dans le sens social du terme avec fierté, la tête haute, sans complexe. Liberté et tolérance, respect des autres et des différences.

Pendant un instant j’ai cru que c’était tout ça une gauche décomplexée, une gauche fière de ses valeurs sociales et sans démagogie anti-libérale

vendredi 4 mai 2007

Le déclin de la gauche anti-libérale : une pièce en trois actes

Le premier tour de l’élection présidentielle est une défaite pour la gauche anti-libérale (référence a l’article de Max “L’extrême gauche, grande perdante de l’élection présidentielle’’). Ce résultat n’est pas étonnant et ce déclin se décline en trois actes, cette élection étant le dernier acte d’un changement radical du paysage politique à gauche.

Le courant anti-libéral trouve un écho dans la gauche extrême mais également au sein du parti socialiste. Certains affichent clairement qu’ils ne sont pas des partis de gouvernement, d’autres comme le PC ou une aile gauche du PS (certains la qualifie de deuxième gauche) assument leur désir de gouverner et sont forcément un peu moins radicaux.

Acte 1 : Le traumatisme de 2002

Le choc de la présidentielle 2002 a été un coup de boutoir énorme pour toute la gauche. Pas de candidat de gauche au deuxième tour. Tout a été dit sur le traumatisme de l’électorat de gauche. Ce premier échec n’est pas directement attribué a l’extrême gauche, non, mais en ce séisme a été le début du déclin de la représentativité de l’extrême gauche.

Acte 2 : Victoire !, NON a la constitution, OUI a l’Europe

Une victoire pour le non a la constitution. Et pourtant je pense que c’est une défaite pour les partisans de l’anti-libéralisme. En effet, le non était extrêmement divers, incluant a la fois un rejet violent de l’Europe pour la droite nationaliste et également l’espoir de construire une Europe plus juste et plus sociale pour les tenants du non de gauche. La défaite dont je parle n’est pas dans le résultat mais dans l’incapacité de capitaliser sur ce résultat. Il est très difficile de construire une dynamique sur un non. L’hétérogénéité du camp des vainqueurs a empêché toute avancée alternative pro européenne venant du camp du non.
Deuxième effet, cette fois dans le rapport entretenu entre le PS et les partis plus à gauche. Cette relation est complexe et fragile. Ce non au referendum soutenu par une partie du parti en contradiction avec le vote des militants a non seulement fragilise et brouille le discours du parti socialiste mais a également rendu difficile le lien avec sa gauche, créant déjà une dérive, une attraction vers le centre.

Acte 3 : Présidentielle 2007

Plusieurs événements se combinent pour dresser le portrait du paysage politique et souligner la défaite de la gauche anti-libérale.
- Morcellement des candidatures à l’extrême gauche
- Candidate PS représentante de la ‘première gauche’, la ‘droite du PS.
- Phénomène du vote utile affaiblissant l’extrême gauche.
- Très faible score de la gauche anti-libérale: 9% (O. Besancenot, M.-G. Buffet, A. Laguiller, J. Bové, G. Schivardi)
- Bon score du centre
Le vote utile pour le PS conséquence de 2002 a probablement fait beaucoup de mal à la gauche anti-libérale…mais celle ci a été incapable de se présenter unie, capitalisant sur ce qu’elle pensait être la victoire de ses idées au referendum sur la constitution européenne. Cette victoire n’était pas entièrement la sienne et seule une unité de candidature aurait pu apporter un peu de poids, un peu de représentativité. Au lieu de cela nous avons eu là le troisième acte d’un déclin, qui avec la force de la droite traditionnelle et la montée du centre dessine un nouveau paysage politique.

La suite ?

Quelles sont les grandes lignes de forces ?
- Renforcement au centre : La faiblesse de la base anti-libérale renforce par contraste l’attractivité du centre. Devant l’échec des partis à sa gauche, le PS devrait continuer son orientation vers le centre. La force de se mouvement, la possible scission du parti dépendront du résultat de dimanche.
- Marginalisation de l’anti-libéralisme. Si la gauche traditionnelle se recentre, accepte de se placer dans le cadre d’une économie de marché,.la gauche anti-libérale morcelée avec une base électorale faible, va se retrouver isolée. Son attitude consistant à ne pas être ‘un parti de gouvernement’ contribue a la couper de la gauche plus traditionnelle plus modérée dans ces attaque contre le capitalisme.
Le paysage politique bouge, les élections sont un révélateur car les idées sont passées au prisme de l’électorat. Pour avoir oublie 2002 et cru que la victoire du non était sa victoire, la gauche anti-libérale a continué de perdre son électorat.
Un espoir tout de même en la personnalité d’Olivier Besancenot qui est le gagnant parmi les candidats de la gauche extrême. Son age, son ton, son discours, apportent un peu de fraîcheur. Il assume sans complexe sa critique de l’économie capitaliste et présente sa vision d’une société plus juste. Il pourrait être le rassembleur, et pourra peut être tirer les leçons de cette défaite en trois actes afin de reconquérir une certaine base électorale.

jeudi 3 mai 2007

L'euro et la BCE Boucs Emissaires

Les deux candidats au second tour de la présidentielle française ont lancé des attaques contre la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est accusée de freiner la croissance et l'emploi par un euro fort.


Euro fort, quel impact pour l'économie?

Le niveau de l'euro fort ou faible a forcément des effets contradictoires. Notre facture énergétique étant en dollar, un euro fort réduit le montant de nos dépenses énergétiques. Dans la lutte contre l'inflation, un euro fort contribue à contrôler la demande et joue donc en faveur de la lutte contre la hausse des prix. Par contre un Euros fort handicape nos exportations en rendant leur prix plus élevés en devise étrangère.
L'impact net est difficile à évaluer.

Euro fort? pas si simple

Quelques faits: L'euro s'est apprécié de 5% par rapport au dollar depuis le début de Février 2007. Mais il s'est beaucoup moins apprécié face à la livre sterling et a connu une dépréciation face à la couronne Tchèque et face au Forint Hongrois. Un indicateur intéressant car il prend en compte le poids des échanges, est le taux pondéré des échanges face à 24 devises et calcule par la BCE. Sa hausse n’est que de 2.7% et ce taux est encore plus faible qu'en 2004 quand les économies de la zone euro étaient en plus mauvaise situation.
Si nous regardons la nature des échanges, il y a un déplacement vers l'Est : les exportations vers les pays souhaitant adhérer à l'union (Turquie comprise) et la Russie ont augmenté à un taux annuel de 20% dans la deuxième moitié de l'année dernière. Elles représentent maintenant 19% du total contre 13% en 1999. Les exportations vers l'Asie ont elles aussi augmenté rapidement.
Non seulement le niveau des changes ('fort' ou faible') a un impact net difficile à évaluer, mais la réalité de ce niveau, l'euro fort', peut être discuté quand on regarde la globalité des chiffres et des situations.

Replacer le débat dans le contexte européen

Après avoir abordé l’impact du niveau de notre monnaie et tenté d’avoir une vue globale de la situation sans se focaliser uniquement sur le dollar il est important de se tourner vers les autres pays de la zone Euro. L'euro est la monnaie européenne et si nous regardons au-delà de la France le niveau de l'euro ne semble pas poser les mêmes problèmes dans les autres pays. Cela est probablement dû au niveau de notre déficit extérieur (26 milliards d'euros en 2006) ainsi qu’a la campagne présidentielle dans laquelle il est facile de stigmatiser l’euro en l’accusant de freiner l’économie. Mais dans le même temps, en Allemagne, la balance commerciale est en surplus de 160 milliards d'euros et le débat ne se pose pas du tout dans les mêmes termes.
Il existe aussi des différences de perception. Quand l'euro n'était pas en place nous regardions le deutschemark fort et stable avec une certaine admiration... et maintenant que nous avons une monnaie forte avec une BCE attachée a sa stabilité et crédibilité, nous en faisons la source certains de nos problèmes. La psychologie est assez importante dans ce domaine et encore une fois l'Europe est diverse: les Allemands s'accommodent d'une monnaie forte car elle apport en Allemagne un sentiment de patrimoine, un effet de richesse car la monnaie permet d'acheter plus à l'étranger.
Autre élément, l'hétérogénéité des économies européennes: croissance forte en Irlande (6% en 2006) ou croissance plus faible en France (2% en 2006). Inflation (relativement) élevée en Espagne ou faible en Finlande. Au vu de ces disparités, il est extrêmement difficile pour la BCE de définir une politique monétaire optimale pour toute la zone.

Quel contre-pouvoir politique?

Les candidats à l’élection se prononcent pour un changement de statut de la BCE ou pour une inflexion de la politique monétaire pour prendre en compte la croissance, ou alors sur le niveau de l'euro... Les Etats-unis sont souvent pris comme référence, leur banque centrale serait plus préoccupée de la croissance. Mais quel est le pouvoir politique en Europe qui permettrait d'être un contrepoids a la BCE, qui pourrait infléchir, peser, discuter les décisions. Et, a l’extrême, si nous allons jusqu’à une non indépendance de la BCE de quel pouvoir politique sera t elle dépendant?
Ce pouvoir politique n'existe pas.

Ce débat autour de la BCE, de l'euro, et de la politique monétaire est assez simpliste et démagogique car il oublie l'hétérogénéité de l'Europe ainsi que le point de vue des autres pays membres de cette union monétaire. Enfin il cache ce qui est peut-être le vrai problème actuel de l’Europe, la non-existence d'un pouvoir politique européen qui devrait être un préalable a toutes ces discussions

 

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