economie, finance, politique, société. un peu de serieux, tout en essayant d'être ouvert d'esprit et constructif

dimanche 27 avril 2008

Emotion et polémique au coeur de notre société

Notre société est en train depuis plusieurs années de basculer dans un mode de fonctionnement guidé par l’émotion. C’est assez pernicieux comme cheminement, cela pourrait remonter à la campagne sécuritaire de Jacques Chirac en 2002 relayée par les médias. Tranquillement l’affectif, l’émotion, le traitement polémique des sujets dans le médias, s’engouffre un peu partout dans notre société.
Emotion et polémique sont en quelque sorte les nouveaux jeux antiques que l‘on livre au peuple pour les satisfaire. Ils deviennent la manière de traiter les sujets et d’en débattre.

Emotion Suivante!.....
Médias et politiques surfent sur ces sentiments et ce serait se montrer insensible que d'émettre une vue différente.
Je prends quelques exemples: la banderole insultants les gens du Nord, le ‘suicide’ de...(je suis volontairement provocateur) tiens comment s’appelle cette femme au visage déformée par une tumeur, qui demandait a mourir dignement et dont le nom était dans tous les médias.... il y a trois semaines il me semblait la connaître intimement, aujourd’hui je n’entends même plus le moindre bruit sur le sujet. Le traitement est accès sur l’emotion, il faut faire naître une empathie chez les gens, pointer le racisme, la violence, ou l’inadaptation des lois face a la mort et la souffrance. Le débat de fond est à peine ébauché que l’on passe à autre choses, à l’émotion suivante.
Un peu plus polémique:
Darfour, Ingrid Betancourt, Tibet, émeutes de la faim, spéculation financière, pouvoir d’achat...
Il faut provoquer l’émotion jouer sur la corde sensible, montrer, parler de la souffrance pour susciter cette empathie toute temporaire avant de passer a une autre ‘cause’. Il faut aussi que tout le monde puisse comprendre, faire simple donc, privilégier le sentiment sur le fond. Et pourtant....ces sujets sont bien sur dramatiques et l’ émotion somme toute légitime. Mais le traitement par les médias, la superficialité, l’accroche émotionnelle choisie est choquante.
Ce mode de traitement nous cantonne forcement a la simplification, a la superficialité et nous impose, nous dicte une façon de penser et de réagir tant il serait indécent de ne pas être touche par l’émotion.... dictature donc.

Nous traitons des sujets graves comme nous traitons des sujet léger. Nous traitons de la faim dans le monde ou de la détention d’otage comme nous traitons de la vie privées de nos hommes politique ou de nos stars du show business.
On nous parle de ‘people-isation’ de la vie politique. Oui. Mais c’est un phénomène beaucoup plus profond, qui touche toute l’information.
Le traitement émotionnel et polémique de tout. Voila ce qu’est la ‘people-isation’. c’est une gangrène qui gagne toutes le couches des médias, locaux ou nationaux. Il suffit de passer quelques minute a l'écoute de Morandini sur Europe 1 pour saisir cela. On recherche à faire vibrer la corde sensible des gens, à mettre face à face dans des débats des personnes opposées non pas pour l'intérêt constructif d’une discussion mais pour provoquer une polémique. On rajoute la dessus un invité surprise qui met de l’huile sur le feu afin de raviver le brasier et on reste avec un goût amer de superficialité sans forcément avoir fait avancer l’information, sans donner les différents arguments de fonds aux auditeurs, en privilégiant la confrontation au fond, en simplifiant toujours, en s;attachant à la forme, à l’affrontement plutôt qu’au fond.


Les politiques reflètent notre société
...et sans surprise, nous avons élu le président qui symbolise parfaitement cette vague de fond qui dure depuis plusieurs années. Nous avons un président qui a maîtrisé parfaitement l’art de l’emotion et la polémique. Du parler vrai! en fait c’est du parler simpliste qui réduit le discours politique à une sorte de choix binaire et sans être évident. ‘mais enfin c’est tout de même extraordinaire, il y a des gens qui travaillent et qui ne gagnent pas assez pour vivre dignement, je veux remédier a cela, est ce mal?’ ‘euh... ben... non non...’.... ‘bravo monsieur le candidat, je vote pour vous’.
Voila comment on se retrouve pour 5 ans avec un présidents a l’image de notre société et de nos médias à l’image de notre société...à notre image.
Je ne veux pas faire de l’anti sarkosisme, car ce n’est pas Sarko qui est cela, c’est nous, et ce depuis quelques années déjà.

vendredi 22 février 2008

Demagogie, Pouvoir d’achat et… les socialistes

J’attends toujours une reconstruction de l’opposition, particulièrement une reconstruction du PS afin d’entendre une alternative constructive au gouvernement actuel. Depuis la défaite des présidentielles je ne vois pas grand chose venir et il faudra probablement attendre le prochain congrès…vision optimiste qui déteint très vite quand j’écoute les ténors du parti.

Lundi (19 février) matin j’entendais Ségolène Royale sur France Inter appeler les électeurs à sanctionner le gouvernement lors du vote des municipales. Très bien, c’est son rôle. Elle utilise ensuite l’argument du pouvoir d’achat (parmi d’autre) sous entendant que tous les français déçus des promesses de Nicolas Sarkozy et souffrant d’une baisse du pouvoir d’achat devraient se tourner vers le PS.... sous entendant donc que sur le pouvoir d’achat le PS qui lui ne les décevra pas…

Nicolas Sarkozy paye aujourd’hui son discours de champagne sur le pouvoir d’achat. Il est incapable de tenir ses engagements de champagne et la frustration des français est d’autant plus forte que les attentes étaient grandes.

Voila maintenant que Ségolène royale utilise elle même cet argument.

Le pouvoir politique n’a que très peu de prise sur le pouvoir d’achat.

A court terme, certaines actions d’urgence, forcément limitées, peuvent être prises. Je suis en désaccord avec la partie de la gauche qui pense que c’est le rôle du gouvernement de faire pression sur les entreprises pour rehausser les bas salaries. Il n’est pas non plus raisonnable de miser sur des primes distribuées sur le budget de l’état au plus bas revenus. Ces mesures peuvent être nécessaires mais ce n’est que marginal, elles doivent être ciblées sur les plus grosses inégalités. Ce n’est pas le rôle du gouvernement, par manque de moyen bien sur mais aussi car c’est du domaine du privé, du rapport de force entre employeurs et employés.

A long terme, les actions et décisions politiques peuvent avoir une influence. Mais il y a une déconnection entre les actions prises et l’impact sur le pouvoir d’achat de part le décalage dans le temps et le lien indirect antre action et effets. Ce sont des reformes de structures qui peuvent modifier sur le long terme les conditions économique et donc le pouvoir d’achat.

Je pense que l’opinion publique est encore habituée à un état ‘Gaullien’, c'est-à-dire pense que l’état peut rapidement résoudre les problèmes tels que le pouvoir d’achat et apporter des solutions directes. Les politiques, Nicolas Sarkozy en tête avec sa campagne sur le pouvoir d’achat, contribuent a entretenir ce phénomène. Nous voyons d’ailleurs le ‘retour de bâton’ dont est victime le présidente qui ne peut bien sur pas tenir se promesses et est victime de sa démagogie.

Ce serait une erreur tragique de la part des socialistes, d’emboiter le pas des promesses démagogiques. Il est temps d’avoir un discours politique plus sincère, clair sur ce que peut faire un gouvernement. Il faut présenter clairement aux français le rôle et les capacités de l’état et d’arrêter les discours démagogiques qui ne font que décrédibiliser l’action politique aux yeux des français. Le PS, en pleine reconstruction et en quête de direction saura-t-il prendre ce tournant ou emboitera-t-il le pas en faisant du ‘sarkosisme’ d’opposition…

dimanche 17 février 2008

Politiquement Mou...


Grève des chauffeurs de taxi...

La situation actuelle et proche d’une rente de monopole dont bénéficie un nombre restreint de chauffeurs ayant paye très cher une licence leur donnant le droit d’exercer.

L'idée de la commission Attali: modifier en profondeur ce secteur afin de supprimer ce système de licence pour d’augmenter le nombre de taxis et de baisser les prix.

Les bénéficiaires: tous les usagers actuel, tout ceux qui ne prennent pas le taxi parce que cela coûte trop cher.

Conséquence: une grève sur une proposition, sans aucune volonté de la part des taxis de négocier.

Résultat: recul immédiat du gouvernement.....

Quelle est donc cette conception de la politique?
L'idée d’origine est il doit y avoir plus de taxis, et leur prix doit être beaucoup plus bas.
Je suis d’accord. Je ne dis pas que les chauffeurs de taxi ne travaille pas beaucoup. C’est un métier dur, impliquant de longues heures, travail le dimanche ou la nuit... les charges sont importantes, il faut rembourser les emprunts nécessairement a l’achat de la licence.
bien.
Mais c’est une situation de monopole, contrôlée par un système de licence et les prix sot et conséquent artificiellement élevés. Il n’y a aucune raison que nous, usagers, financions une rente de monopole.
Nous devrions pouvoir prendre le taxi en famille le dimanche afin de pouvoir boire un verre de vin au restaurant ou le samedi soir en sortant d’un bar ou de boit de nuit. Le taxi devrait être abordable pour les classes moyennes ou les étudiants. Cela est impossible au prix actuels.

La force du politique est de décider de ce que l’on souhaite, de fixer un objectif et ensuite de négocier pour y parvenir. En l'occurrence modifier en profondeur le secteur des taxis pour le bénéfice des usagers.
Il faut ensuite, bien sur, compenser les pertes pour les acteurs du secteur... rachat des licences et autres aménagement...cela se négocie.

Il n’y a même pas eu de négociation....

Nous sommes devant un échec de la volonté politique qui recule devant une grève lancée sur une simple proposition, sans même engager la moindre discussions sur les conditions de compensation....
Gouvernement girouette qui fonctionne a vue, en fonction de l’opinion publique et manque totalement de volonté et de direction.

Une note de fin. le tarif des taxis a augmentéde 3% en fin de semaine.....

mercredi 13 juin 2007

Incivilités, Drogue, Alcool et … UMP


Ville d’Antibes Juan les Pins, des dégradations, des incivilités ont lieu dans des lieux publics.
Nice Matin Mercredi 13 Juin 2007 : voici selon le maire UMP d’Antibes Juan les Pins, récemment réélu député au premier tour de scrutin, les responsables des dégradations et actes de vandalismes dans sa belle ville :
‘’Le maire appelle à « une réponse judiciaire sur ce sujet, à la sensibilisation de la population sur ces dégradations inacceptables » et fait passer le message que « le vandalisme sera réprimé. L'alcool et la drogue ne sont pas innocents sur ce sujet, ces dégradations ne sont pas l'oeuvre de la haine». ‘’
Incivilités diverses, dégradations, tags, vol de fleurs dans les jardins public.
Le quotidien régional fait ses choux gras de ces événements, pointant du doigt des responsables tout désignés : drogue et alcool. On retrouve souvent le terme de Jeunes dans ces articles sur l’insécurité ou l’incivilité. Jeunes, drogues, alcool.

Le titre de l’article appelle à plus de vigilance… Plus de vigilance ? est ce encore plus de camera dans une ville déjà sous contrôle. A quoi servent les cameras déjà en place ? ne devraient elles pas dissuader ce genres d’actes ?
L’étape suivante ? après les camera, plus de contrôle de policiers …. Pour quelle efficacité ? probablement pour rassurer les lecteurs de Nice Matin. On a identifié les responsables, les mesures de répressions inutiles et coûteuses suivront. C’est la drogue, l’alcool, nous agirons. Dormez tranquille.
Ouf, donc.

Ah tiens, l’autre jour je passais avec ma poussette et mes trois enfants devant le bureau de l’UMP rue Sadi Carnot à Antibes. Jour de réunion a l’UMP. salle comble. Tout ces gens se sont déplacés en voitures. Toutes ces voitures sont garées sur les trottoirs, sur les 'zébras', en double file. Plus de place sur le trottoir, avec ma poussette et mes enfants je suis passé sur la route, au ras des voitures.
Insécurité…
L’incivilité est vraiment partout. Je ne crois pas que ce soit l’œuvre de la haine.
Non,
Plutôt de la bêtise.
Et parfois de l’impression d’être plus respectable que les autres citoyens. Surtout que les drogués et alcooliques.
J’espère que notre maire appellera à plus de vigilance.

mardi 5 juin 2007

PS : Il faut que ça pète !


Beaucoup de choses ont été écrites sur la situation post élection présidentielle au PS. Il y a un débat d ‘idées fait émerger deux courants, entre les tenants d’un virage à gauche et ceux d’un recentrage du parti. Il y a un débat de personne, avec en toile de fond des règlements de comptes et un semblant d’unité pour les élections avenir.
Je pense que tous les éléments sont réunis pour que le PS explose. Ce n’est pas mauvais, c’est peut-être même, paradoxalement, la seule solution viable.

La remise en question après une défaite électorale est naturelle. On essaye de tirer les leçons de la défaite.
Idéalement il faudrait se pencher sur le fonds, sur les idées et propositions mises en avant. Se regarder soi pour comprendre ses erreurs, ses forces et ensuite construire une nouvelle plate-forme politique.
Idéalement il faudrait aussi que les conflits de personnes passent après les conflits d’idées. Pour être un peu plus pragmatique (la politique est aussi une affaire de personnes) il faudrait que derrière les combats de chefs se dégagent de vrai combat d’idées.
Idéalement il faudrait, arriver à convaincre la base et fédérer l’appareil du parti. Bien sûr il y a toujours des tensions, c’est d’ailleurs sain, c’est signe de débat et de vie, c’est ce qui permet d’évoluer, d’avancer avec la société.

Concrètement ?
Tout est en place pour que ça pète

- Le débat d’idées.
Pour pouvoir gagner il faut définir clairement ses positions... Les causes de la défaite et des défaites à venir si rien ne change est la. En se sens les deux côtés ont raisons. La candidate PS ne s’est pas vraiment extraite de l’idéologie de son partie. Les dissensions au PS, les trahisons ont fait le jeu de l’adversaire. Le programme n’était pas clair.
On ne peut pas se réfugier derrière des arguments tournés vers l’extérieur (Il y avait Sarkozy en face, les gens se laissent abuser) et ne pas regarder la situation et l’image du PS.
On ne peut pas construire, innover, avancer en ne faisant que ménager des courants d’idées si opposés.

- La lutte des chefs
Il est intéressant de noter que la lutte des personnes ne semble pas coller exactement au débat d’idées, les favoris étant plutôt contre une orientation à gauche. Il est difficile de distinguer ce qui différencie vraiment Ségolène Royale de Dominique Strauss Kahn. Ils font partie de la même famille politique, du même courant d’idée au sein du PS et leurs différences sont à la marge.
Mais cette lutte est âpre. Les ambitions individuelles importantes. Les comptes devront être réglés.

- Une défaite, une autre probable, et une faible perspective de représenter un contre-pouvoir efficace. L’accumulation des échecs et la perspective de devoir attendre 5 ans pour reconquérir sinon le pouvoir, au moins un véritable poids d’opposition, vont attiser la discorde. La discorde sur le fond bien sûr, mais aussi stigmatiser les positions personnelles, attiser les rancoeurs et enlever toute retenue.

Situation explosive donc.
Tant mieux.
Non pas que je souhaite que le PS s’enfonce non. J’écris tant mieux pour le PS.
Quel que soit le virage idéologique qui sera fait, quelle que soit l’issue de la guerre des chefs, il est essentiel de purger cette situation, de clarifier les orientations et de cesser d’essayer des compromis qui ont conduit à la défaite.

Un peu de politique-fiction.
Je pense que le courant ‘moderne’ l’emportera, le courant qui se détache, sur le plan économique, de l’idéologie traditionnelle de gauche. Dans les deux camps, les valeurs sont assez similaires, le soucis d’entraide, de rejet des inégalités. C’est dans la vision des outils à utiliser qu’est la différence. Je m’avance à ce pronostic car les deux favoris, Dominique Strauss Kahn et Ségolène Royale représente ce courant.
Ils devront alors avoir le courage de leurs idées tout en laissant la porte ouverte à ceux souhaitant les rallier.
Dans l’autre camp, les tenant d’un virage à gauche pensent que l’on ne peut gagner que par un retour au discours de gauche. La défaite vient pour eux d’avoir voulu essayé de se rapprocher de la droite, de s’être laissé entraîner au centre ou a droite par Nicolas Sarkozy. Ceux la ne pourront pas rester dans un parti prenant un virage plus libéral. Il y a probablement de la place pour recréer un parti de gauche sur des idées de gauche en utilisant aussi les forces de Chevènement, Besancenot, du PC… ce n’est pas beaucoup certes, mais si on ne peut gagner que sur des idées de gauche, il faudra fédérer pour renforcer le poids de ces idées.

Ça pétera donc.

samedi 2 juin 2007

Strauss Kahn contre le SMIC à 1500 euros

Il semblerait que le SMIC a 1500 euros ne soit plus une évidence pour tous au PS. Un article du Nouvel Obs Dominique Strauss Kahn dit regretter le décalage entre la gauche et la réalité et attaque le SMIC à 1500 euros qui n’est selon lui pas une bonne chose. Il mentionne les risques de délocalisation, appelant le PS à une réflexion sans concession.
J’ai essayé de présenter dans un article les différentes familles de redistribution. Je pense que nous avons trop tendance a penser que seul le levier des salaires peut marcher. Nous négligeons, et le PS néglige, que l’on peut aussi agir en passant par la fiscalité, grâce à un impôt négatif par exemple. C’est, je pense, au PS, une question d’idéologie. Le SMIC est une garantie contre l’exploitation… je suis d’accord, il faut un SMIC, mais plus bas, qui serve d’ancre. Il faut ensuite faire apparaître la redistribution dans le budget de l’état.
Le SMIC n’est pas un outil de redistribution. L’état ne doit pas se décharger de son rôle de redistribution sur le privé.
L’état doit assurer ce rôle. Sans complexe, parce que la redistribution est nécessaire dans une société moderne et solidaire.
Je pense que c’est là la réflexion intellectuelle et idéologique à avoir. J’espère que c’est la direction que Dominique Strauss Kahn souhaite prendre quand il parle de réflexion sans concession.

vendredi 1 juin 2007

Paix ou justice au Liban ?


30 mai 2007, vote de l’ONU imposant la création d’un tribunal international pour juger les assassins de Rafik Hariri, ancien premier ministre Libanais aux positions anti-syriennes.

Réactions opposées dans la population libanaise:
Joie dans la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne.
Colère dans l’opposition, dans le camp du Hezbollah chiite et pro syrien qui qualifie cette résolution d’illégale et la considère comme une grave ingérence et violation de la souveraineté Libanaise Damas.

Vu de l’étranger il est semble difficile de critiquer cette résolution. Le but poursuivi est un but de justice. Celle-ci est légitime. Le crime c’est déroulé dans un Liban sous contrôle syrien, sur un homme qui représentait l’opposition à cette main mise de Damas sur le pays du cèdre. L’opération a nécessité une grande préparation et des moyens importants qui ont difficilement pu passé inaperçu pour les forces syriennes. Tout indique la responsabilité de Damas. À la suite de ce crime et devant ce sentiment d’impunité pour les assassins, les Libanais anti-syriens sont descendus en masse dans la rue faisant pression par l’intermédiaires des puissances étrangères pour un retrait de la Syrie du Liban.

Danger ?
Oui c’est une évidence
Malgré le succès du retrait syrien, le sentiment d’injustice face à l’impunité des assassins est très vif. Une partie de la population a soif de justice. Des affiches dans les rues de Beyrouth rappellent l’assassinat de l’ancien Premier ministre, il y a un profond désir de faire ressortir la vérité, de s’extraire de l’influence Syrienne en levant ce qui est vu comme une impunité scandaleuse.
Mais le Liban est un pays complexe, une autre partie de la population reçoit très mal la création de ce tribunal international. Les chiites vivent ceci comme une internationalisation de la situation Libanaise ou une mise sous tutelle du Liban. Leur rejet de cette ingérence est très vif.

On peut donc se demander s’il est possible d’imposer, de l’extérieur, par le biais de la justice, la réconciliation nationale entre les Libanais. Peut-on mettre la Syrie sur le banc des accusés, pointer du doigt les responsabilités ou l’influence de l’Iran tout en oeuvrant à la réconciliation des Libanais?

Le désir de justice est légitime. L’ONU fait passer cette volonté de justice en premier … Quitte à attiser les tensions entre les différentes communautés Libanaises, quitte à déstabiliser un peu plus un pays très fragile.
La paix est le but. La paix et la réconciliation nationale au Liban et plus généralement la paix entre les pays et peuples du Moyen-Orient. Entre les communautés religieuses. C’est une situation complexe où se mêlent des luttes de politiques internationales, des affrontements ethniques ou religieux souvent instrumentalisés et encouragés.
La Syrie et surtout l’Iran sont forcément des partenaires dans la construction de la paix même si la position de l’Iran est extrême sur de nombreux point et doit être condamnée.

Nous nous trouvons donc dans un affrontement classique entre paix et justice. La paix et la justice sont-elle conciliable ? et sinon, laquelle doit l’emporter ? peut-on concilier réconciliation nationale et désir de justice ?
La paix est toujours faite de concession. La justice est nécessaire pour lutter contre l’impunité et ne pas faire injure à la mémoire des victimes.
À cette question, faut-il poursuivre ou oublier, je n’apporterais pas de réponses précise pour le cas du Liban. L’Afrique du Sud est un exemple dans ce cheminement difficile entre paix et justice, l’amnistie a été un instrument permettant d’apaiser les tensions. Mais pour le moment le Liban ne prend pas cette direction, les luttes communautaires sont vives et le sentiment d’injustice exacerbé dans les deux camps.
Nous sommes encore loin de l’instauration d’un respect mutuel nécessaire à une lutte contre l’impunité, à l’acceptation de certaines concessions qui permettrait une réconciliation. L’intervention internationale est très délicate et risque même d’attiser les tensions et rancoeurs malgré un soucis légitime de paix.

 

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