economie, finance, politique, société. un peu de serieux, tout en essayant d'être ouvert d'esprit et constructif

mercredi 13 juin 2007

Incivilités, Drogue, Alcool et … UMP


Ville d’Antibes Juan les Pins, des dégradations, des incivilités ont lieu dans des lieux publics.
Nice Matin Mercredi 13 Juin 2007 : voici selon le maire UMP d’Antibes Juan les Pins, récemment réélu député au premier tour de scrutin, les responsables des dégradations et actes de vandalismes dans sa belle ville :
‘’Le maire appelle à « une réponse judiciaire sur ce sujet, à la sensibilisation de la population sur ces dégradations inacceptables » et fait passer le message que « le vandalisme sera réprimé. L'alcool et la drogue ne sont pas innocents sur ce sujet, ces dégradations ne sont pas l'oeuvre de la haine». ‘’
Incivilités diverses, dégradations, tags, vol de fleurs dans les jardins public.
Le quotidien régional fait ses choux gras de ces événements, pointant du doigt des responsables tout désignés : drogue et alcool. On retrouve souvent le terme de Jeunes dans ces articles sur l’insécurité ou l’incivilité. Jeunes, drogues, alcool.

Le titre de l’article appelle à plus de vigilance… Plus de vigilance ? est ce encore plus de camera dans une ville déjà sous contrôle. A quoi servent les cameras déjà en place ? ne devraient elles pas dissuader ce genres d’actes ?
L’étape suivante ? après les camera, plus de contrôle de policiers …. Pour quelle efficacité ? probablement pour rassurer les lecteurs de Nice Matin. On a identifié les responsables, les mesures de répressions inutiles et coûteuses suivront. C’est la drogue, l’alcool, nous agirons. Dormez tranquille.
Ouf, donc.

Ah tiens, l’autre jour je passais avec ma poussette et mes trois enfants devant le bureau de l’UMP rue Sadi Carnot à Antibes. Jour de réunion a l’UMP. salle comble. Tout ces gens se sont déplacés en voitures. Toutes ces voitures sont garées sur les trottoirs, sur les 'zébras', en double file. Plus de place sur le trottoir, avec ma poussette et mes enfants je suis passé sur la route, au ras des voitures.
Insécurité…
L’incivilité est vraiment partout. Je ne crois pas que ce soit l’œuvre de la haine.
Non,
Plutôt de la bêtise.
Et parfois de l’impression d’être plus respectable que les autres citoyens. Surtout que les drogués et alcooliques.
J’espère que notre maire appellera à plus de vigilance.

mardi 5 juin 2007

PS : Il faut que ça pète !


Beaucoup de choses ont été écrites sur la situation post élection présidentielle au PS. Il y a un débat d ‘idées fait émerger deux courants, entre les tenants d’un virage à gauche et ceux d’un recentrage du parti. Il y a un débat de personne, avec en toile de fond des règlements de comptes et un semblant d’unité pour les élections avenir.
Je pense que tous les éléments sont réunis pour que le PS explose. Ce n’est pas mauvais, c’est peut-être même, paradoxalement, la seule solution viable.

La remise en question après une défaite électorale est naturelle. On essaye de tirer les leçons de la défaite.
Idéalement il faudrait se pencher sur le fonds, sur les idées et propositions mises en avant. Se regarder soi pour comprendre ses erreurs, ses forces et ensuite construire une nouvelle plate-forme politique.
Idéalement il faudrait aussi que les conflits de personnes passent après les conflits d’idées. Pour être un peu plus pragmatique (la politique est aussi une affaire de personnes) il faudrait que derrière les combats de chefs se dégagent de vrai combat d’idées.
Idéalement il faudrait, arriver à convaincre la base et fédérer l’appareil du parti. Bien sûr il y a toujours des tensions, c’est d’ailleurs sain, c’est signe de débat et de vie, c’est ce qui permet d’évoluer, d’avancer avec la société.

Concrètement ?
Tout est en place pour que ça pète

- Le débat d’idées.
Pour pouvoir gagner il faut définir clairement ses positions... Les causes de la défaite et des défaites à venir si rien ne change est la. En se sens les deux côtés ont raisons. La candidate PS ne s’est pas vraiment extraite de l’idéologie de son partie. Les dissensions au PS, les trahisons ont fait le jeu de l’adversaire. Le programme n’était pas clair.
On ne peut pas se réfugier derrière des arguments tournés vers l’extérieur (Il y avait Sarkozy en face, les gens se laissent abuser) et ne pas regarder la situation et l’image du PS.
On ne peut pas construire, innover, avancer en ne faisant que ménager des courants d’idées si opposés.

- La lutte des chefs
Il est intéressant de noter que la lutte des personnes ne semble pas coller exactement au débat d’idées, les favoris étant plutôt contre une orientation à gauche. Il est difficile de distinguer ce qui différencie vraiment Ségolène Royale de Dominique Strauss Kahn. Ils font partie de la même famille politique, du même courant d’idée au sein du PS et leurs différences sont à la marge.
Mais cette lutte est âpre. Les ambitions individuelles importantes. Les comptes devront être réglés.

- Une défaite, une autre probable, et une faible perspective de représenter un contre-pouvoir efficace. L’accumulation des échecs et la perspective de devoir attendre 5 ans pour reconquérir sinon le pouvoir, au moins un véritable poids d’opposition, vont attiser la discorde. La discorde sur le fond bien sûr, mais aussi stigmatiser les positions personnelles, attiser les rancoeurs et enlever toute retenue.

Situation explosive donc.
Tant mieux.
Non pas que je souhaite que le PS s’enfonce non. J’écris tant mieux pour le PS.
Quel que soit le virage idéologique qui sera fait, quelle que soit l’issue de la guerre des chefs, il est essentiel de purger cette situation, de clarifier les orientations et de cesser d’essayer des compromis qui ont conduit à la défaite.

Un peu de politique-fiction.
Je pense que le courant ‘moderne’ l’emportera, le courant qui se détache, sur le plan économique, de l’idéologie traditionnelle de gauche. Dans les deux camps, les valeurs sont assez similaires, le soucis d’entraide, de rejet des inégalités. C’est dans la vision des outils à utiliser qu’est la différence. Je m’avance à ce pronostic car les deux favoris, Dominique Strauss Kahn et Ségolène Royale représente ce courant.
Ils devront alors avoir le courage de leurs idées tout en laissant la porte ouverte à ceux souhaitant les rallier.
Dans l’autre camp, les tenant d’un virage à gauche pensent que l’on ne peut gagner que par un retour au discours de gauche. La défaite vient pour eux d’avoir voulu essayé de se rapprocher de la droite, de s’être laissé entraîner au centre ou a droite par Nicolas Sarkozy. Ceux la ne pourront pas rester dans un parti prenant un virage plus libéral. Il y a probablement de la place pour recréer un parti de gauche sur des idées de gauche en utilisant aussi les forces de Chevènement, Besancenot, du PC… ce n’est pas beaucoup certes, mais si on ne peut gagner que sur des idées de gauche, il faudra fédérer pour renforcer le poids de ces idées.

Ça pétera donc.

samedi 2 juin 2007

Strauss Kahn contre le SMIC à 1500 euros

Il semblerait que le SMIC a 1500 euros ne soit plus une évidence pour tous au PS. Un article du Nouvel Obs Dominique Strauss Kahn dit regretter le décalage entre la gauche et la réalité et attaque le SMIC à 1500 euros qui n’est selon lui pas une bonne chose. Il mentionne les risques de délocalisation, appelant le PS à une réflexion sans concession.
J’ai essayé de présenter dans un article les différentes familles de redistribution. Je pense que nous avons trop tendance a penser que seul le levier des salaires peut marcher. Nous négligeons, et le PS néglige, que l’on peut aussi agir en passant par la fiscalité, grâce à un impôt négatif par exemple. C’est, je pense, au PS, une question d’idéologie. Le SMIC est une garantie contre l’exploitation… je suis d’accord, il faut un SMIC, mais plus bas, qui serve d’ancre. Il faut ensuite faire apparaître la redistribution dans le budget de l’état.
Le SMIC n’est pas un outil de redistribution. L’état ne doit pas se décharger de son rôle de redistribution sur le privé.
L’état doit assurer ce rôle. Sans complexe, parce que la redistribution est nécessaire dans une société moderne et solidaire.
Je pense que c’est là la réflexion intellectuelle et idéologique à avoir. J’espère que c’est la direction que Dominique Strauss Kahn souhaite prendre quand il parle de réflexion sans concession.

vendredi 1 juin 2007

Paix ou justice au Liban ?


30 mai 2007, vote de l’ONU imposant la création d’un tribunal international pour juger les assassins de Rafik Hariri, ancien premier ministre Libanais aux positions anti-syriennes.

Réactions opposées dans la population libanaise:
Joie dans la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne.
Colère dans l’opposition, dans le camp du Hezbollah chiite et pro syrien qui qualifie cette résolution d’illégale et la considère comme une grave ingérence et violation de la souveraineté Libanaise Damas.

Vu de l’étranger il est semble difficile de critiquer cette résolution. Le but poursuivi est un but de justice. Celle-ci est légitime. Le crime c’est déroulé dans un Liban sous contrôle syrien, sur un homme qui représentait l’opposition à cette main mise de Damas sur le pays du cèdre. L’opération a nécessité une grande préparation et des moyens importants qui ont difficilement pu passé inaperçu pour les forces syriennes. Tout indique la responsabilité de Damas. À la suite de ce crime et devant ce sentiment d’impunité pour les assassins, les Libanais anti-syriens sont descendus en masse dans la rue faisant pression par l’intermédiaires des puissances étrangères pour un retrait de la Syrie du Liban.

Danger ?
Oui c’est une évidence
Malgré le succès du retrait syrien, le sentiment d’injustice face à l’impunité des assassins est très vif. Une partie de la population a soif de justice. Des affiches dans les rues de Beyrouth rappellent l’assassinat de l’ancien Premier ministre, il y a un profond désir de faire ressortir la vérité, de s’extraire de l’influence Syrienne en levant ce qui est vu comme une impunité scandaleuse.
Mais le Liban est un pays complexe, une autre partie de la population reçoit très mal la création de ce tribunal international. Les chiites vivent ceci comme une internationalisation de la situation Libanaise ou une mise sous tutelle du Liban. Leur rejet de cette ingérence est très vif.

On peut donc se demander s’il est possible d’imposer, de l’extérieur, par le biais de la justice, la réconciliation nationale entre les Libanais. Peut-on mettre la Syrie sur le banc des accusés, pointer du doigt les responsabilités ou l’influence de l’Iran tout en oeuvrant à la réconciliation des Libanais?

Le désir de justice est légitime. L’ONU fait passer cette volonté de justice en premier … Quitte à attiser les tensions entre les différentes communautés Libanaises, quitte à déstabiliser un peu plus un pays très fragile.
La paix est le but. La paix et la réconciliation nationale au Liban et plus généralement la paix entre les pays et peuples du Moyen-Orient. Entre les communautés religieuses. C’est une situation complexe où se mêlent des luttes de politiques internationales, des affrontements ethniques ou religieux souvent instrumentalisés et encouragés.
La Syrie et surtout l’Iran sont forcément des partenaires dans la construction de la paix même si la position de l’Iran est extrême sur de nombreux point et doit être condamnée.

Nous nous trouvons donc dans un affrontement classique entre paix et justice. La paix et la justice sont-elle conciliable ? et sinon, laquelle doit l’emporter ? peut-on concilier réconciliation nationale et désir de justice ?
La paix est toujours faite de concession. La justice est nécessaire pour lutter contre l’impunité et ne pas faire injure à la mémoire des victimes.
À cette question, faut-il poursuivre ou oublier, je n’apporterais pas de réponses précise pour le cas du Liban. L’Afrique du Sud est un exemple dans ce cheminement difficile entre paix et justice, l’amnistie a été un instrument permettant d’apaiser les tensions. Mais pour le moment le Liban ne prend pas cette direction, les luttes communautaires sont vives et le sentiment d’injustice exacerbé dans les deux camps.
Nous sommes encore loin de l’instauration d’un respect mutuel nécessaire à une lutte contre l’impunité, à l’acceptation de certaines concessions qui permettrait une réconciliation. L’intervention internationale est très délicate et risque même d’attiser les tensions et rancoeurs malgré un soucis légitime de paix.

jeudi 31 mai 2007

Danger ! Identitaires


Je n’ai pas envie de rire aujourd’hui.
Un article de metro sur les identaires niçois me donne le cafard.
J’ai écrit sur la notion d’identité nationale et fais fait référence au livre d’Amin Maalouf ‘les identités meurtrières’. Quand je me penche sur les idées des identitaires les mots de Maalouf résonnent, hélas, tellement juste. Ses mots apaisent un peu ma colère en m’aidant à comprendre comment peuvent émerger de telles idées, mais ma tristesse est profonde devant le manque de recul des ces gens, devant leur rejet des autres.
Pour ne pas laisser la colère me gagner je vais parler un peu de ces identitaires et essayer d’expliquer pourquoi une telle vision de la société et du monde peu exister, avec l’espoir que ces identitaires là disparaissent dans les oubliettes de l’histoire.

Nissa Rebela, le mouvement identitaire niçois présente des candidats aux prochaines législatives à Nice, souhaite l’enseignement du niçois à l’école, l’autonomie par rapport à Marseille et l’expulsion des délinquants d’origine étrangère…
Affiches noires et rouges, couleur de la ville, les candidats visent les 2% et ont déjà le regard tourné vers les municipales avec un objectif de 4% et une envie de peser sur les décisions locales.
À leur actif :
- Des affiches ‘Oui à la socca, non au kebab’… !! j’en reste sans voix.
- Annulation du Nice Rap Contest. Pressions sur la mairie contre un ‘concert de rap haineux’ (dixit), diffusion de tracts ainsi que des numéros de téléphone et adresse mail des organisateurs qui ont été harcelés.
- Participation à une soupe populaire à base de porc… ils sont pour un communautarisme blanc et souhaitent aider ‘les leurs’ ceux qui leur ressemble et sont en Europe depuis quelques génération.
- ‘milice’ à la sortie des lycées (ils ne revendiquent pas le mot et parlent d’opérations de sécurisation et d’îlotage) pour ‘assurer la sécurité des élèves’ avec publicité pour inciter à rejoindre leur mouvement.(vidéo)

Le phénomène n’est pas uniquement niçois, on retrouve ces idées identitaires partout en France. Leur argumentaire est à la fois un rejet de la société marchande, du matérialisme et un attachement aux racines européennes et blanches, rejetant tout métissage ethnique, tout impérialisme qu’il soit nord Américain ou Musulman.
Extrémisme donc.
Et rejet.
Rejet de tout ce qui est différent, de tout ce que l’on ne comprend pas ou paraît trop complexe.

Ces actions des rebelles niçois et ces idées affichées par les identitaires traduisent un repli sur soi, l’idée qu’il y a ‘les nôtres’ opposés ‘aux autres’. C’est une conception tribale de l’identité qui favorise le rejet des autres : on retrouve ce rejet dans les actes et valeurs énoncées ci-dessus. Les Autres sont différents et représentent donc un danger pour les Nôtres, pour notre culture, nos traditions, notre identité.

Cette attitude est décrite par Amin Maalouf comme partiale, sectaire, intolérante, dominatrice. Les autres représentent une menace pour notre identité. Comme il y a danger pour les nôtres, il apparaît légitime d’agir pour écarter cette menace. Cela confère le sentiment d’agir pour la survie des siens … Et en état de légitime défense puisque les autres nous menacent. Sur la vidéo http://www.uvouch.com/video-Nissa-Rebella-protge-les-lycens-face-aux-racailles-252486 des milices à la sortie des lycées, on entend ce paroles : « parce que notre révolte est légitime, parce que nous ne voulons plus subir … nous avons fait le choix de la résistance » … sentiment de légitimité donc …

C’est quelque part l’illusion d’un monde figé, sans mouvement ni brassage. C’est l’illusion que l’autre est différent de moi. La mondialisation, le choc des cultures créé par l’immigration, la circulation de l’information sont alors vécus comme des menaces. Il y a risque d’uniformisation. Notre identité est donc en danger et il semble alors qu’il faille choisir entre la négation de soi ou la négation de l’autre. Cela entraîne au mieux le refuge dans l’illusion d’un repli sur soi, au pire le rejet actif de l’autre.

Ce choix est bien sûr faux et inexistant si l’on considère l’identité comme étant faite d’appartenances multiples et non uniques, d’un brassage tel, que je peux retrouver chez l’autre des points communs avec moi, peut être plus parfois que chez les ‘les miens’.

Le monde n’est pas figé, la différence est une richesse et l’identité de chacun est complexe et ne devrait pas être source d’opposition aux autres. L’identité de chacun ne doit pas disparaître et se fondre, mais doit exister dans sa complexité et ses contradictions.

Je suis triste donc.
J’aime la socca. J’aime regarder le nom des rues écrit en nissart dans le vieux Nice, je comprends cette peur d’une uniformisation face à la mondialisation.
Je suis triste que ces identitaires s’accaparent ces richesses locales pour les opposer aux autres comme si elles étaient les seules richesses de ce monde et que le rejet des autres cultures était le seul moyen de les défendre.
Je suis triste que quelques meneurs attisent ces sentiments tribaux en appuyant sur les peurs et les menaces faisant croire qu’affirmer son identité contre les autres est un acte libérateur, courageux.
Je suis triste que certains les écoutent et les suivent … Peut-être habitude ou manque d’imagination… Je préfère ne pas dire autre chose.

mercredi 30 mai 2007

Travail non qualifié: SMIC un outil a tout faire?


Le SMIC à 1500 euros ? C'est une évidence pour le parti socialiste. L'augmentation du salaire minimum est-elle forcément une évidence ? Peut-on même poser cette question ?

Au-delà du débat sur le capitalisme et une alternative à ce système, nous sommes dans une économie de marché dans laquelle le gouvernement intervient afin de compenser les inégalités de distribution de revenu. Il y a plusieurs façons d’intervenir et le débat est souvent idéologique. Je souhaite présenter ce débat en abordant le rôle du salaire minimum et la possibilité de solutions alternatives.

Deux grandes familles d’intervention

- Les interventions post-marché. Le marché fonctionne et l’on utilise une taxation progressive associée à des transferts de redistribution afin de rendre les résultats du marche plus justes. C’est le cas de l‘impôt sur le revenu, et des minima sociaux. Ce sont des interventions fiscales car présente au budget de l’état.
- Les interventions sur le marché pour modifier son fonctionnement. Un exemple est la mise en place d’un salaire minimum, qui est une intervention salariale

Un choix Politique, Idéologique, Moral

Comment choisir entre ces types d’interventions ?
Le salaire minimum est une intervention sur le fonctionnement du marché du travail. C’est une forme de prix plancher.

Pourquoi un salaire minimum ?
Le salaire est lié a la productivité du travailleur et il n’y a aucune raison pour que la productivité des moins qualifiés induise un revenu suffisant pour vivre. Une intervention est donc nécessaire afin de permettre un revenu suffisant. Nous retenons en France une politique salariale qui intervient sur le marché.

Ce choix est en partie idéologique, utiliser le salaire minimum comme levier est en général associé à l’idée que le prix du travail, le salaire, n’est pas un prix comme les autres. Le salaire devrait être fixé sur des considérations de justice et d’équité et non d’offre et de demande. S’extraire des forces du marché n’aurait aucun effet négatif… Et souligner ces aspects négatifs est souvent associé à de l’extrémisme libéral.

Pourtant, d’autres solutions sont possibles, des actions fiscales qui permettraient le même revenu aux travailleurs moins qualifiés. Pourquoi augmenter le coût du travail non qualifié ce qui va mettre certains travailleurs en dehors du marché de l’emploi ? Pourquoi ne pas utiliser un autre levier qui serait un levier post-marché en donnant à ces travailleurs un crédit d’impôt ou un impôt négatif ?

La réponse est à la fois d’ordre politique et idéologique


- Politique car un salaire minimum fait sortir le coût de la redistribution du budget de l’état. Beaucoup d’économistes vont donc soutenir le levier salarial plutôt qu’un levier fiscal pour cette raison. Nous avons donc un salaire minimum qui a un rôle de redistribution … Tout en excluant certains travailleurs non qualifiés du marché du travail.

- Idéologique, voir morale : Il y a une opposition à l’idée que les salaires soient des prix de marché. Certains verraient une prise en charge de cette redistribution par l’état sans passer par le SMIC comme un cadeau fait aux employeurs. La réalité est bien sûr plus complexe car le marché est amoral par essence et cette amoralité ne peut être nié ou supprimée par la loi. La productivité et le salaire sont forcément liés et si l’on impose un salaire minimum au-delà de la productivité du travailleur non qualifié cela va impacter négativement la décision d’embaucher.

Utiliser le SMIC comme outil de redistribution ?


Le SMIC est un outil extrêmement délicat à manier. Pour le travail non qualifié, le coût du travail joue beaucoup sur la demande d’emploi des entreprises. Une hausse du salaire minimum laissera des travailleurs non qualifiés en dehors du marché du travail.

Affirmer que la revalorisation du SMIC n’est pas forcément une bonne chose pour les travailleurs non qualifiés est difficile sans une levée de bouclier et sans être taxé d’extrémiste libéral souhaitant uniquement augmenter les profits des patrons. Mais l’ultralibéralisme si tenté que cela existe c’est de laisser faire et de nier l’échec des mécanismes économiques traditionnels dans la redistribution du revenu vers les moins qualifiés et les plus pauvres.
Je reconnais cet échec, et je reconnais le rôle essentiel de l’état. Je pense que le levier du SMIC n’est pas optimum pour assurer un emploi aux non qualifiés et leur assurer un revenu décent.
Je suis proche des solutions proposées par l’économiste Olivier Blanchard qui met plus de poids sur les leviers jouant ‘post marché’ pour assurer une redistribution :
- Un impôt négatif sur les revenus du travail
- Des cotisations faibles ou nulles sur les bas salaires
- Un salaire minimum bas, jouant le rôle d’ancre et n’étant donc pas le principal moyen de redistribution pour les travailleurs non qualifiés

Les solutions doivent êtres globales

Raisonner uniquement sur le SMIC est réducteur, il est essentiel de dézoomer le cadre de la réflexion et d’intégrer la redistribution vers les chômeurs, et la lutte contre la pauvreté. Cette vison globale est essentielle pour aider efficacement les plus pauvres et les moins qualifiés, éviter les effets de seuil en maintenant l’incitation à l’emploi.
Olivier Blanchard (« Être de gauche n’est pas être ignorant », Libération, 8 janvier 2001) décrit les outils dont nous disposons:
- Un salaire minimum afin d’éviter des abus
- Un revenu minimum pour éviter les drames
- Un impôt négatif pour éviter les effets sur l’emploi.

À plus long terme je rajouterais la formation, le reclassement, l’éducation.

La frontière du salarial (intervention sur le marché) et du fiscal (post-marché) doit tomber (lire Vacarme). Le SMIC ne doit pas être un champ de bataille idéologique et ne doit pas être l’instrument principal de redistribution vers les moins qualifiés.
Attention ! Le problème prend et va prendre une importance grandissante : les inégalités de produit marginal du travail augmentent car la globalisation et le progrès technologique introduisent un biais envers les plus qualifiés.

mardi 29 mai 2007

Le débat démocratique en danger: nos institutions en question.


J’ai beaucoup de mal à m’intéresser à la campagne des législatives. Mais, pour qu’un intérêt soit créé il faut du contenu ! Cette désaffection, ce manque de goût est peut-être tout simplement dû a l’absence de campagne. Enfin, disons qu’elle est réduite à sa portion congrue : valider l’élection présidentielle ou rêver d’une cohabitation. Quant au résultat… il ne fait pas trop de doute. Manque d’intérêt donc. Et perte de temps, car il y a très peu de valeur ajoutée pour le débat démocratique.

Un constat : contre-pouvoir en danger

Notre régime est semi-présidentiel… mais qu’est ce qu cela signifie? en fait tout dépend :
- de la personnalité du président et du choix, du rapport avec le chef de l’exécutif, le premier ministre.
- du calendrier électoral
Notre situation ? Combinaison d’un président actif et impatient et d’une élection législative si proche de la présidentielle qui va probablement valider la majorité présidentielle. Nous nous dirigeons comme le souligne Jacques Attali vers une monarchie quinquennale.

L’analyse de Jacques Attali est la suivante. Quinquennat et inversion du calendrier électoral rendent le débat pour les législatives caduc. Le président aura vraisemblablement une majorité au garde à vous et tous les pouvoirs pour 5 ans, mis à part peut être des défaites aux municipales et régionales exprimant une frustration démocratique.
L’analyse est pertinente, l’inversion du calendrier a été une décision majeure dans le fonctionnement de nos institutions, mettant tout le poids du débat démocratique sur le président et lui seul et affaiblissant le rôle de l’assemblée.

Dans un sens, cela semble cohérent avec l’élection du chef de l’état au suffrage universel. Nous élisons le président et non pas le Premier ministre. J’ai toujours été frustré sous Jacques Chirac de voir les feux médiatiques sur des Premiers ministres pour lesquels le peuple n’a pas voté avec un président en retrait dans le rôle du sage.
Le danger est dans la faiblesse du contre-pouvoir que devrait représenter l’assemblée. Non pas que l’assemblée doive t être opposée au président, mais son élection doit être précédé d’un débat constructif alors que nous sommes simplement dans une phase de validation ou non des présidentielles. Le danger est dans le manque de débat démocratique et d’expression démocratique dans cette monarchie quinquennale. Les frustrations seront exacerbées et cela renforcera les extrêmes, la radicalisation des positions d’opposition en empêchant un véritable débat constructif entre les partis de gouvernement.

Revoir les institutions

Il est nécessaire de revoir le rythme démocratique pour recréer un dialogue et une opposition constructifs.

L’importance en France de l’élection présidentielle au suffrage universel m’incite à penser que notre culture institutionnelle, notre histoire récente, nous rapproche d’un régime présidentiel, plutôt que parlementaire.
Je serais donc favorable à un régime présidentiel, élection au suffrage universel du chef de l’état qui est également le chef de l’exécutif.
Il ne faut pas tomber dans la situation décrite par Jacques Attali de monarchie quinquennale et Il faut donc un contre-pouvoir à ce président chef de l’exécutif.

Il me semble nécessaire de découpler en partie les élections présidentielles et législatives. La solution pourrait être de mettre en place un renouvellement par moitié ou par tiers des députés. Les avantages de ce système sont :

- Introduction d’une meilleure respiration démocratique. Mettre en place une élection législative partielle en cours de mandat du président permet un débat sur les orientations et décisions prises. Cela redonne la parole au peuple de façon plus significative qu’une élection régionale ou municipale. Cela redonne son pouvoir et son rôle aux élections législatives

- Le changement de majorité à l’assemblée sera plus significatif à cause du renouvellement partiel. Il pourra se produire sur une élection de façon radicale ou alors s’inscrire dans un mouvement de fonds sur deux élections législatives. Les résultats des législatives seront des signaux forts pour l’exécutif.

Nous aurions un régime présidentiel, mais avec une assemblée nationale qui retrouverait son importance car le débat pour les élections législatives ne serait pas escamoté comme c’est le cas en ce moment.

Je suis bien sûr conscient que dans un tel système il y a beaucoup d’autres points à régler, veto du président sur l’assemblée, mode de scrutin pour les élections législatives. Mon but ici n’est pas de rentrer dans les détails. Je souhaite soulever le problème causé par la situation actuelle, la frustration qui en ressortira forcément par manque de débat démocratique ainsi que la montée des extrêmes et la polarisation de l’opposition. Il me semble essentiel de réfléchir à des solutions afin de rétablir le jeu des contre-pouvoirs tout en préservant la fluidité de l’exécutif et du législatif. Une solution pourrait être un régime présidentiel avec élections législatives partielles pour redonner toute sa place au pouvoir législatif, renforcer le débat démocratique et éviter l’accumulation des tensions et frustrations dangereuses pour la démocratie.

mardi 22 mai 2007

Commerce équitable local, une nouvelle économie locale est possible



Une des préoccupations de base de l’être humain est de se nourrir. Peut-être est-ce maintenant trop évident pour beaucoup d’entre nous. Peut-être que nos modes de vie nous ont éloigné de plus en plus de la production de nourriture et nous avons oublié d’ou viennent nos aliments. Nous avons en parti perdu ce lien direct avec la production de nourriture qui existait il n’y a pas si longtemps.

Est-ce le résultat de notre système économique capitaliste et libéral faisant la part belle aux profits. Est-ce la faute de la mondialisation… Peut-être est-ce aussi un peu notre faute.


Révolte contre la marchandisation


Dans notre monde mondialisé, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la main mise de grands groupes sur l’agriculture, la privatisation de l’eau et l’exploitation des paysans pauvres des pays en voie de développement. Sur ce sujet, J’ai lu deux articles sur AgoraVox à propos du film, ‘We Feed the Wolrd’ qui m’ont interpellés. Les responsables étaient les multinationales et la recherche du profit.

A côté de ces réactions, je voudrais développer l’idée que l’on peux par des actes simples combattre cette dérive capitalistique, sans rejeter l’idée de commerce. Au contraire en lui rendant tout son sens :
local. personnel. ‘durable’ (dans le sens développement durable)

Think Global, Act Local

Je relevais un commentaire à un de mes articles sur AgoraVox sur la mondialisation. Le Venezuela et Hugo Chavez était pris en exemple, je cite - son modèle de gauche passionnée, patriotique et populiste (dans le sens vrai et noble du terme) pourrait inspirer le monde entier – fin de citation.

Il est peut être louable de partir en croisade contre les multinationales. Un soulèvement, une prise de conscience de gauche est peut être en marche afin de sauver la planète. En attendant le grand soir, je trouve que la richesse des initiatives locales est source d’optimisme car, sans révolution, simplement, elles tissent un nouveau lien économique de proximité respectueux de l’homme et de son environnement. Un lien économique, social, à taille humaine.

Le challenge essentiel pour la planète est l’environnement.
J’ai déjà exprimé dans un post que je suis opposé au protectionnisme mais, l’autonomie alimentaire me semble essentielle. A la fois pour des raisons écologiques mais aussi pour garantir une certaine indépendance. Pour ces raisons, il faut aborder l’alimentation sur un plan de plus en plus local.

La bonne nouvelle est que de nombreuses solutions existent. On peut parler de commerce équitable local.

Abonnez vous aux fruits et légumes

Un exemple très répandu : les associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP). L’idée est simple, produire et consommer localement. Ces associations permettent un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ou plusieurs fermes. La vente est directe, pas d’intermédiaires. Le consommateur signe un contrat s’engageant à acheter un panier de fruit et légumes chaque semaine pendant une durée déterminée (6 mois par exemple). Le producteur s’engage à fournir chaque semaine ce panier et s’engage sur la qualité de production.
Les gains sont multiples

Gain sociaux :
- Il y a une personnalisation de la relation entre consommateur et producteur, souvent on peut visiter la ferme. Cela développe un lien social forcément local.
- Éducation en redonnant des notions de saisonnalités, en expliquant les modes de productions et ses aléas ou fluctuations.

Gains écologiques
- Production souvent bio, non extensive, respectueuse des saisons et des cycles naturels
- Production locale, peu de coûts de transport
- Peu d’emballages

Gains économiques
- Adéquation offre demande. Moins de gaspillage
- Prix équitable et revenu équitable pour le producteur.
- Pas de phénomènes de rapport de force avec un distributeur qui serrerait les marges du producteur pour mettre ses produits en rayon. Le paiement va directement du consommateur au producteur.
- Le producteur a une source de revenue stable et prévisible et peu planifier beaucoup plus aisément.

C’est donc un système intelligent et innovant, économiquement viable et écologiquement sain. C’est une forme de commerce équitable local. Peut être est ce peu face aux défis mondiaux, mais le dynamismes de ces initiatives est une source d’optimisme, a l’intérieur de notre système capitaliste peuvent émerger des solutions viables. Elles nous redonnent le pouvoir d’agir.

lundi 21 mai 2007

Assistanat, effets de seuil et Martin Hirsch


Depuis que Martin Hirsch a été nommé Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, les médias nous parlent d’effets de seuil. Je souhaite explorer ce que sont ces effets de seuils et comprendre cette approche de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion.

Définition d’un effet de seuil : tout ou rien

Tout d’abord une définition de ce qu’est un effet de seuil :
De façon très générale, un effet de seuil est l’apparition de phénomènes quand une variable atteint une valeur donnée.
Un peu rébarbatif.
De façon plus intuitive, on peut opposer un effet de seuil à une situation où il y a une continuité et où l’on voit le phénomène apparaître progressivement quand la variable varie.
Passons au domaine des minima sociaux. L’idée est que ces minimas créent des effets de seuil, car au-delà d’un certain revenu ou au-delà d’un certain nombre d’heures travaillées les minima disparaissent. Ils ne sont plus versés. Il y a une discontinuité et non pas une progressivité dans leur disparition. C’est tout ou rien.

Un rapport de la commission des affaires sociales du sénat de 2005 (‘Minima Sociaux et reprise d’activité’) soulignait non seulement la complexité du système, de nombreuses conditions donnant droit a l’un des 9 minima sociaux, mais également, l’apparition d’effets de seuil. C’est-à-dire une perte brutale de ressources en cas de retour à l’emploi.

Un changement de philosophie

On retrouve souvent deux camps extrêmes et caricaturaux quand on explore les avis sur les minima sociaux et sur le rôle de l’assistanat.

- D’un côté, des partisans sans concessions de l’aide aux plus pauvres, soutenant sans distinctions toutes mesures d’aide et d’assistance. Au centre de cette idée, le sentiment que toute aide est bonne car c’est un pas dans la bonne direction, et qu’il faut combattre pour préserver les acquis.

- De l’autre, les anti-assistanats. Ceux qui y voient une prime a l’inactivité et soutiennent que l’assistant n’est pas souhaitable car il n’incite pas au travail, il nivelle par le bas en créant une société d’assistés.

Dans les deux cas c’est mettre le débat sur le terrain de la morale et les positions se radicalisent en s’accrochant à des dogmes.
C’est une approche différente, loin des clichés et raccourcis, qui est prônée par Martin Hirsch qui lui, souhaite œuvrer pour vaincre la pauvreté.


Effet de seuil et reprise du travail


Martin Hirsch a présidé en 2004/2005 un groupe de travail ‘familles, vulnérabilité, pauvreté’. Une des propositions de ce groupe était la création du Revenu de Solidarité Active (RSA).

La logique est centrée sur l’effet de seuil : un retour au travail peut se traduire par une baisse de revenu. Notre système d’aides crée des poches, des trappes d’assistanat, non pas parce que les personnes ne souhaitent pas s’en sortir ou ne recherchent pas d’emploi préférant profiter du système, mais parce qu’il n’est pas intéressant financièrement de le faire.
Il faut donc briser cette discontinuité et introduire de la continuité: il doit y avoir une incitation financière au retour au travail. Le RSA pourrait donc combiner les minima sociaux et aides fiscales, les aides aux logements. À chaque heure travaillée, le RSA baisserait, mais de façon moindre que le gain procuré par le travail. L’assistance est préservée et elle ne disparaît pas d’un coup mais progressivement.

Critiques

On retrouve plusieurs types de critiques au RSA :

- C’est une mesure de renoncement et une acceptation que notre société n’est pas capable de fournir un travail correctement payé a tous.
Je pense qu’en effet, la productivité de certains emplois ne garantit pas un salaire permettant de vivre décemment et que les aides sont nécessaires.

- C’est un aveu et un ralliement au camp de ceux qui pensent que l’assistance découragerait le travail.
J’ai parlé plus haut de cette approche que je considère dogmatique. Il faut trouver un juste milieu, préserver l’incitation à travailler tout en aidant les plus pauvres.

- Le coût de cette mesure. J’ai trouvé différents chiffres, entre 3 et 8 milliards…
La critique du coût est en biaisée car il faudrait mesurer le coût pour la société des effets de seuils créés par les mesures d’aides standards.

- On rajoute une couche au système distributif sans évaluer les mesures existantes.
Je suis plutôt en phase avec cette critique car le risque est de complexifier le système et de construire une véritable usine a gaz sans lisibilité. Il faut également un effort de simplification.

Conclusion

Cette approche est pour moi dans la même famille qu’une idée d’impôt sur le revenu négatif pour les petits salaires. L’idée étant, pour l’état, de compléter les revenus du travail si ceux-ci ne permettent pas de vivre décemment. L’état a un rôle important à jouer dans la lutte contre la pauvreté. Il faut aider, tout en rétablissant les signaux et les incitations économiques, en se sens combattre les effets de seuil est essentiel.

vendredi 18 mai 2007

TOP 10 des mots qui me fatiguent



L’actualité c’est souvent des mots, noms ou expressions utilisées à tout va et repris par tous les media. Parfois la répétition les vide de sens, parfois elle nous hérisse le poil. J’ai donc choisi 10 mots qui, ces derniers temps, me fatiguent grandement, et c’est aussi un moyen détourné de commenter l’actualité. Comme dans tout édito de ce type, je revendique partialité et subjectivité avec également parfois, une touche de mauvaise fois.
Vos contributions et désaccords sont les bienvenus.

Sarkozy :

Je fais une overdose depuis deux ans …. Il est partout. Sa politique de communication nous l’a imposé dans tous les medias. Il est adulé par des aveugles béas et détestés par des idéologues qui attaquent à tout va et dilue leur peu de cohésion. Encore 5 ans… peut être plus. Deux lueurs d’espoir : la nomination des ministres devrait intéresser les medias pour au moins deux trois jours (ouf) et son statut de président l’apaisera un peu…

Festival de Cannes :

On est en plein dedans, émissions en direct de Cannes, défilé de stars, paillettes …. Beaucoup de vide et peu d’intérêt. Si au moins on voyait nous aussi les films ! et oui, il y a des films à Cannes.
Enfin au moins sa durera moins longtemps que Sarkozy… le pire Sarko a Cannes…. Total paillette et mélange des genres. La droite bling bling. (voir Cecilia par ailleurs). Enfin bon les magazines people se frottent les mains. J’espere ne pas avoir a aller chez un docteur prochainement pour être épargné par le choc des photos.

Ouverture :

Utilisé a toutes les sauces. Ouverture de la gauche vers le centre, du centre vers la droite et la gauche, de la droite vers le centre et la gauche…ça y est j’ai le tournis je me mélange les pinceaux et ne comprends plus grand chose. J’entendais même Julien Dray dire qu’un vrai gouvernement d’ouverture serait un gouvernement de gauche… ça trahi sec et dans ce jeu de chaises musicales géant les places commencent a se faire chères. En plus de fatiguer, avec ces courants d’air je vais prendre froid

Socialistes :

Parti Socialiste. Je vais peut être choquer par ces lignes mais je pense que la gauche est a un tournant de son histoire. La gauche gagnera une élection présidentielle quand elle se sera détachée de cette référence au socialisme qui est traînée comme un boulet. C’est le poids du passé, une référence à des luttes légitimes, mais une référence qui sclérose, une idéologie qui empêche une vision moderne et pragmatique…luttes internes avant les législatives, coups bas…ça nous promet une assemblée bien bleue. J’ai vraiment l’impression que l’on ne touche pas encore le fond.

Décomplexé :

Droite décomplexée, gauche sommée de se décomplexer… j’avoue m’y perdre et ne pas comprendre. Quand on dit une gauche décomplexé, j’entends une gauche en phase avec la réalité acceptant l’économie de marché… eh non, il semblerait que je me trompe et que ce serait une gauche fière de ses valeurs de gauche….(soupir). On peut toujours espérer.

Travail :

Valeur travail, remettre la France au travail… Ça a été le leitmotiv de cette campagne côté Sarko. Assez de ces fainéants, au boulot ! Et si ça marche pas c’est de votre faute, il faut vous bouger et vous lever tôt. Quand je pense que chez les retraités il a fait un sore du tonnerre. Tous les baby-boomers qui ont profiter des 30 glorieuses et sont maintenant a la retraite nous suggère de travailler, travailler travailler ….Je crois que dès que j’aurais fini d’écrire sur tout ce qui me fatigue, je me ferais une petite sieste dans le hamac…

Résistance, Collaboration, Rafle :

Je triche en incluant une série de mots. Ces mots ont une valeur et une référence fortes, ils nous renvoient à une époque où la démocratie était bien loin. Leur utilisation se généralise dans un contexte si différent. Il est normal de s’opposer à la nouvelle majorité, mais l’utilisation à tort et à travers de ces mots est peu constructive et nie la nécessité de dialogue, même quand on s’oppose. Notez que je critique également le fait que Sarko ai entonne le chant des partisans. C’est dans tous les cas une utilisation démagogique de symbole forts qui ne mérite pas d’être utilisés aussi légèrement.

Politique Industrielle :

Qu’est ce que c’est que cet animal…. Apparemment c’est à la fois de gauche et de droite car on le retrouve dans les deux camps. Problème chez EADS, il nous faut une politique industrielle, problème chez GDF, il nous faut une politique industrielle. Au moins une chose qui rassemble toute le spectre politique. Il semblerait que ce soit une bonne chose, ça a un petit côté je sais de quoi je parle et je contrôle la situation… ah, ça doit être ça, l’impression de contrôler la situation, c’est probablement dans la même ligne que ‘redonner le pouvoir au politique’. J’ai vraiment l’impression d’une expression fourre-tout sans réel contenu, citée par soucis démagogique pour donner l’impression que l’on peut intervenir. C’est bizarre je commencerais d’abord à me demander ce que le politique peut contrôler et je mettrais les efforts la dessus plutôt que d’annoncer que le politique peut tout faire… enfin bon il faut toujours un peu de démagogie.

Ultra libéralisme :

Courant de pensée poussant au maximum le principe de libéralisme… ce qui sommes toutes ne veut pas dire grand chose, d’autant plus que son emploi immodéré tend a le vider de tout sens.
Également utilisé comme insulte ou gros mot. Les tenant de cette doctrine sont, au choix : de sales égoïstes, des profiteurs, des riches, des gens qui n’ont rien compris, des tenants d’une pensé unique (candidat pour un prochain top 10) ….
Exemple : la politique ultra libérale du nouveau président…. Vous savez celui qui nous parle de politique industrielle. J’avoue que je m’y perds

Cecilia

Pour finir sur une note légère. Montée des marches de l’Élysée façon festival de Cannes. A-t-elle voté, pas voté, pourquoi. Elle est à l’aise, pas à l’aise, oh ! jolie robe… mais quelle première dame sera t elle ?? c’est la dérive people inévitable, la mise en scène pour Voici, Gala et Match avec les images du jogging présidentiel. Belles Robes, bulles, paillettes et Nike. Perso je m’en moque et ça me fatigue.

jeudi 17 mai 2007

Mondialisation (bis)…ôtons les œillères.

Pour compléter le post précèdent sur la mondialisation, je voudrais partager un article paru dans le Financial Times intitulé ‘Globalisation’s losers need support’.(de Michael Spence, Nobel d’économie et Danny Leipziger, vice président de la Banque Mondiale)
click here


Cet article nécessite un abonnement au journal, je vous en livre un résumé et mon analyse.

Ces deux économistes soulignent certains effets négatifs de la globalisation. La mondialisation génère une intégration globale des économies, mais les inégalités de revenues sont un corollaires de cette intégration et de la croissance. Si les revenues globalement augmentent, cette hausse est très inégale et certains en retirent de plus gros bénéfices.

Pour les pays les plus ‘développés’ (je n’aime pas ce terme) il convient de souligner que les inégalités ont deux origines:
- la globalisation
- l’évolution industrielle des pays, permis ou générée d’ailleurs par la globalisation. Les économie sont moins industrielles, les services explosent, le développement des technologies de l’information…. Tout ceci représente des chocs qui introduisent un biais dans les rémunérations aux dépends de certaines catégories de travailleurs et au profit d’autres.

La conclusion reste malgré tout que le coût du désengagement, du protectionnisme serait énorme et particulièrement pour les pays les plus pauvres. La solution serait dans l’utilisation des gains net a l’échange pour atténuer les inégalités et faciliter les transitions. Parmi les secteurs cités on retrouve:
- l’éducation
- le système de santé.

Je trouve cette analyse intéressante car elle est assez différente des visions monolithiques des années 90 sur le libre échange. Elle reflète le dilemme et les discussions qui ont lieu chez les démocrates américains et qui devrait prendre plus de place lors des primaires et des prochaines élections présidentielle en 2008.
Les conclusions de base restent.
- L’échange est globalement un bénéfice global pour les populations.
- Le protectionnisme est coûteux particulièrement pour le développement des pays les plus pauvres.
- Il existe des mécanisme d’ajustements et de convergence en économie ouverte.
Ce qui change c’est que devant la montée en puissance de la globalisation les économistes reconnaissent que les mécanismes d’ajustement sont trop lents et trop humainement coûteux.Ils ne renient pas l’ouverture, mais débattent des politiques de redistribution a mettre en place.
Je trouve cette évolution salvatrice car le dogmatisme parfois mis en avant pour critiquer les économiste fait place a un certain pragmatisme, tout en maintenant le cadre d’analyse et les outils..

mercredi 16 mai 2007

Mondialisation, les économistes sont-ils aveugles ?




Nous sentons que la mondialisation comporte des aspects dangereux et négatifs. La théorie économique qui soutient le libre échange est-elle complètement aveugle et déconnectée des réalités ?
Je souhaite aborder le sujet de la globalisation et son impact sur les travailleurs en utilisant les enseignements de la théorie économique. C’est un sujet assez délicat, complexe et qui prête le flanc a la démagogie et la simplification. Je souhaite présenter le problème dans sa complexité, sans peut être apporter de réponses claires mais en soulignant que les réponses trop faciles n’existent pas.

Dans la récente campagne présidentielle, nous avons entendu les deux principaux candidats parler de l’impact du commerce international sur les travailleurs français. C’était également un élément important du débat lors du referendum sur la constitution européenne et à propos de la directive Bolkenstein.
La situation est bien connue, les pays émergeants ont des coûts de main-d’oeuvre non qualifiée bien plus faibles que les nôtres, beaucoup moins de protection et de contraintes sociales. Même Nicolas Sarkozy nous parle de protectionnisme afin de protéger les intérêts des travailleurs français.

Un peu d’économie…

Mais enfin, dans la théorie économique s’il y a bien un sujet sur lequel les économistes sont d’accord c’est que l’échange apporte plus qu’il ne détruit. Ensuite les avantages absolus, comparatifs, l’impact de l’échange sur l’ensemble, sur les différentes parties a été analysé sous toutes ses coutures. Contradiction donc ? erreur grossière de la théorie économique qui est au service des plus forts et justifie l’exploitation des peuples.
Justement, pas si simple. Le débat peut être présenté ainsi :
- d’un côté, ceux qui pensent que le commerce international pousse les salaires a la baisse.
- de l’autre ceux qui pensent que le commerce international est essentiel.
…et les deux ont raisons. Il est faux de penser que la théorie économique soutien que le libre échange est bon pour tous. Il y a déjà des années que les économistes ont soulignés que des groupes au sein des pays sont perdants dans l’échange. Pour la France, les groupes qui perdent le plus sont ceux des travailleurs peu qualifiés, dont les salaires sont bas et qui sont en concurrence directe avec les pays moins développés. Les gains que ces travailleurs tireront de prix plus bas ne compenseront pas cette perte.

Un exemple pour illustrer cela :
Supposons que la France exporte principalement des biens produits par des travailleurs éduqués. Les importations se font sur des biens fabriqués par des travailleurs peu éduqués. Ces importations concurrencent les biens fabriqués en France par des travailleurs non qualifiés. Si le prix des importations baisse…Alors le salaire des travailleurs non qualifiés en France baissera et il baissera plus que la baisse du prix des importations …
Bien sûr ces travailleurs bénéficient de la baisse des prix sur les biens importés, mais cela ne compense pas la baisse de salaire. En net, le niveau de vie de ces travailleur baisse.

La théorie économique reconnaît donc la contribution de la globalisation dans la montée des inégalités.
Si le discours économique était plus tempéré et optimiste dans les années 90 c’est que l’impact était encore faible. Il existe des mécanismes de régulation endogènes au système, un ajustement avec le temps se fait dans les disparités, lissant les salaires. Mais la montée de la chine, de l’Inde nous soumettent a des pression importantes (un choc exogène) qui dépassent les mécanismes d’ajustement.

Que faire donc ?

Refermons nous sur nous-même !

Protectionnisme ! sauvons nos travailleurs. Certains écrivent que le protectionnisme sauve aussi les pays en voie de développements car nous ne les envahissons plus de produits fabrique chez nous et donc tuant leur économie. Je n’adhère pas à cette vision. L’échange est une voie essentielle vers le développement. Fermer nos frontières aux pays pauvres est globalement mauvais pour ces pays et leurs populations. Nous représentons un marché sur lequel leurs biens s’écoulent et qui génère des ressources.

D’autres solutions ?

Bien sûr existe le problème de l’exploitation et de la distribution. C’est un problème concret, et c’est une question de rapport de force. Certaines initiatives sont développées pour inverser le rapport de force, commerce équitable, labellisation de cru de café, Light Year IP (voir les articles de Marjane Daria sur AgoraVox pour plus de détails. cliquez pour sa fiche auteur et ses articles)
Ces initiatives sont positives car elles s’inscrivent dans une démarche constructive afin de trouver des solutions viables à l’intérieur du système d’économie de marché.
Un autre point important est la prise en compte de standards sociaux dans les négociations internationales sur le commerce. Essayer que les travailleurs non qualifiés ait des conditions de travail plus décente, une couverture médicale, une éducation.
.

Eduquer, éduquer,éduquer…

Je souhaiterais finir sur l’éducation qui me semble un point essentiel. J’ai parlé de mécanisme d’ajustements présents dans le système. Il ne fonctionne que très lentement. Il faut intervenir pour accélérer et faciliter les ajustements. L’éducation, a la fois dans nos pays pour les travailleurs non qualifiés et dans les pays en voie de développement me semble être un levier central, essentiel.
Je suis conscient de ne pas apporter de réponses concrètes et claires mais il est important de montrer que la théorie économique n’est pas angélique. J’espère avoir présenté de façon succincte un problème complexe sans le simplifier à l’excès. J’espère avoir éviter le démagogisme et la simplification.

lundi 14 mai 2007

La déroute des Verts: un espoir pour l’écologie!


Résultat catastrophique au premier tour de la présidentielle, refus d’alliance avec le PS pour les élections législatives… C’est la déroute des Verts, explosion après une lente agonie. C’est la fin des verts comme parti politique, alliés plus ou moins fidèle du PS, qui ont essayés de pousser l’écologie par la gauche.
C’est une chance pour l’écologie.

Je me suis souvent senti proche des verts, avec une certaine sympathie pour certains de ses leaders. Ce qui me rapprochait politiquement des verts était cette certitude que les questions écologiques sont centrales, essentielles, vitales même.
Mais mes sympathies étaient d’une autre époque, d’une époque où peu de gens avaient entendu parler de dérèglement climatique, une époque où le litre d’essence était a 5 francs, ou l’on ne recyclait pas encore les poubelles en France. L’écologie était un peu marginale et son importance pour l’Humain était encore peu médiatique.
Le virage du siècle coïncide avec une accélération de la prise de conscience écologique et avec ce virage mon malaise envers l’écologie de parti politique

Les Verts ? une approche de l’écologie par la politique. Un choix de se situer sur la gauche de l’échiquier politique, de pousser l’écologie par la gauche. La justification a souvent été que les écologistes avaient une sensibilité de gauche… Peut-être que cela touche plus cet électorat mais, choisir cette approche, c’est se couper des autres Français. C’est une vision qu’il faut dépasser car elle est sectaire et réductrice alors que l’écologie a une valeur fondamentalement universelle.
En se sens la défaite des Verts est une chance pour l’écologie sur la place politique. Une chance de dépasser les clivages standard pour imprégner l’ensemble des partis.

Hulot fossoyeur des verts?

Pourquoi un tel résultat ?
En dehors des conflits et des problèmes de fonctionnement interne, on peut souligner deux éléments :
- Nicolas hulot aurait été pour les verts un fossoyeur, une sorte de missile balistique qui a fait exploser les restes d’ancrage du parti. La base verte a été balayée, les autres candidats ayant reçu un adoubement écologique en signant de La Référence Hulot, pourquoi donc voter Vert.
- Le phénomène du vote utile aurait joué pleinement son rôle, le PS a absorbé une partie des voix qui sans le choc de 2002 se seraient portées sur les Verts.

Mais ces éléments sont en fait des révélateurs de la faiblesse idéologique et du manque de leadership chez les Verts. Ils ne sont pas les causes mais les déclencheurs, mettant à jour le retard pris par ce parti qui a perdu sa base électorale pour avoir voulu une politisation
Les verts ont perdu leur ambition d’être une référence écologique dans la politique française et doivent se résoudre a n’être qu’un élément d’un mouvement qui ne peut être que transversal devant l’universalité du problème.

Quelle écologie demain?

Les limites de la démarche Hulot : Il n’a fait qu’une partie du chemin. Profitant de son statut de vedette de TF1 la chaîne populaire, il a fait de l’écologie people et a peut-être sensibilisé certains aux questions écologiques … Mais en présentant ses idées très tôt dans la campagne, en faisant signer une sorte de décharge écologique aux candidats nous avons clairement vu ses limites.
Nicolas Hulot, les Verts ne sont que des pierres dans un édifice qui doit se construire par la base.

La prise de conscience écologique est inverse de la démarche des verts. Ce n’est pas du ‘Top Down’ mais du ‘Bottom Up’ pardon pour les anglicisme, on peut aussi utiliser l’image des pyramides inversées. D’un côté le pouvoir vient du sommet et les idées les actions sont ensuite poussées vers la base. De l’autre le pouvoir émerge de cette base, les idées naissent et se développent au sein du peuple. Le mouvement écologique, la conscience écologique ne peut pas être politisée à priori comme le font les Verts. La prise de conscience ou la prise de pouvoir écologique doit se faire par tous et être ainsi propagé dans toutes les couches de la société, dans les medias et la sphère politique.

Pression = force / surface

L’écologie est indépendante des partis politiques. Elle est fondamentalement transversale et doit imprégner toutes les réflexions et décisions politiques. Cela signifie que la force appliquée est beaucoup plus diffuse car la surface d’application augmente. La pression serait donc plus faible. Il est donc du devoir de tous de contribuer à augmenter cette force pour inverser cette baisse de pression et mettre véritablement l’écologie au cœur de la politique, mais surtout, avant tout au cœur de nos vies. Internet comme nouveau moyen de mise en relation remplira en partie ce rôle et nous donnera à nous citoyens la capacité de contribuer a cette force. Nos actions de consommateur doivent aussi prendre en compte cette dimension.
Malheureusement, cette force sera aussi causée par les événements externes, sècheresses, inondations, aléas climatiques, hausse des prix du carburant qui contribueront sans aucune nuance à la prise de conscience de l’urgence du problème.

Quel leadership?

Enfin, il faudra toujours des leaders pour incarner les idées, pour que le peuple s’identifie aux idées. Les Verts ne tiendront plus ce rôle en France et Hulot n’est qu’une version people d’un leader écologique.
Al gore est un exemple de leader mondial. J’attends des leaders Français. Européens. J’attends et j’essaie d’agir…à mon échelle.

dimanche 13 mai 2007

Un Tony Blair en France ?




Après dix ans au pouvoir Tony Blair se retire le 27 juin prochain
Révolutionnant son parti, son pays et certaines gauches européennes il est un personnage politique central en Europe….paradoxe pour un Royaume Unis toujours frileux a l’égard de l’Union. À travers ses succès et échecs et selon ses propres convictions politiques, on peut tracer de lui un portrait en demi-teinte. Je voudrais en revenant sur quelques éléments de son parcours, en effleurant la surface du Blairisme, comprendre l’impact qu’il peut avoir sur notre paysage politique.

Il arrive au pouvoir en 1997, à 43 ans. Il est à la tête du Labour le parti ‘de gauche’ qui n’est plus au pouvoir depuis 18 ans. Les conservateurs ont mené pendant ces années une politique dure et austère, incarnée par Madame Thatcher. Une politique jugée nécessaire par une situation économique et industrielle désastreuse à la fin des années 70.
Avec Tony Blair c’est un leader extrêmement populaire qui arrive au pouvoir, et un nouveau labour, une nouvelle manière d’aborder les problèmes économiques et sociaux, une nouvelle vision politique promettant de maintenir un taux d’imposition assez bas tout en investissant dans les services publics.

L’impact de Blair est tellement important que là où, au début de son mandat, on parlait de new labour, on utilise maintenant le terme de Blairisme. Il y a eu beaucoup de commentaires en France sur cette nouvelle gauche, peut être parce que chez nous se pose toujours la question de ce que sont les valeurs de gauche. Est-ce une gauche ayant viré sa cuti pour se rallier aux idées de droite ? est-ce du libéralisme pur et dur ? La réalité est bien sûr complexe. Reprenons quelques faits de ces 10 années de ‘Blairisme’, parfois assez contradictoires.

Impact social et économique :
- Création d’emploi dans la fonction publique
- Doublement du budget de l’éducation et triplement du budget de la santé
- Investissement dans les transports
- Indépendance de la Banque d’Angleterre.
- Instauration en 1999 d’un salaire minimum
On retrouve à la fois, un renforcement du rôle de l’état (bien que ça reforme sociale (welfare state) fut incomplète), mais également une vision moderne de la réalité économique.

Impact international :
- Réconciliation en Irlande du Nord
- Engagement en Irak
L’histoire récente fait peser un poids important sur ce dernier point, un échec qui entache son départ.

Nous sommes face à un bilan contrasté, avec certes une prospérité mais qui à peut-être plus bénéficiée aux catégories aisées. Malgré ce constat, le style Tony Blair, l’abandon de certaines idéologies a profondément marque le paysage politique britannique et a inspire de nombreux partis de gauche en Europe.

Nos Leaders et Tony Blair

On trouve souvent des exercices de comparaison, des parallèles entre Tony Blair et les leaders politiques français. Qui sera le Blair à la française ?
Je crois que nous n’avons pas eu d’équivalent en France, tout simplement parce que nous n’avons pas eu non plus de Thatcher.

Nicolas Sarkozy ?

Il est vrai que son dynamisme peut rappeler celui de Tony Blair qui démontrait aussi cette volonté, cette énergie à vouloir changer le pays. Une différence quand même Tony Blair avait 43 ans au moment de sa prise de pouvoir et pas de responsabilités politiques passées comme c’est le cas pour Nicolas Sarkozy. Une autre différence. La droite en France est au pouvoir depuis des années, avec quelques cohabitations. Le labour de Tony Blair avait été sevré de pouvoir. Le dynamisme de Tony blair son envie de changer, de faire bouger le pays était d’autant plus fort que l‘emprise des conservateurs avait été grande.
D’autre part la base électorale de Nicolas Sarkozy n’est pas du tout la même que la base électorale populaire qui a porté Tony Blair au pouvoir il y a dix ans. L’électorat de Nicolas Sarkozy reste en grande partie, un électorat traditionnel de droite.

Un Tony Blair français à gauche ?

!….. Tony Blair avait décomplexé la gauche anglaise, en proposant une manière moderne d’aborder les questions économiques. En acceptant l’économie de marché sans renier ses bases sociales. Le PS se débat une fois encore entre coup de barre à gauche derrière Laurent Fabius et tentative timide de social-démocratie. Et surtout ne pas associer les mots ‘social-libéral’. Libéral….un gros mot.
Au-delà de ces considérations, je pense que le PS se retrouve face au vent, incapable de virer et d’engager un cap car il y a eu en face un leader mou, et pas une Thatcher. Le new labour est né en réaction à la politique de Thatcher et comme dans tout phénomène d’action/réaction, son ascendance dans la politique britannique n’a été que rendue plus forte par la dureté de la ligne Thatchérienne. Ce new labour incarnait la volonté de trouver un équilibre entre le conservatisme de Madame Thatcher et les politiques sociales trop orientées vers les syndicats qui avaient auparavant caractérisé le parti travailliste, ouvrant d’ailleurs le champ aux conservateurs. Tony Blair n’avait pas un important ancrage dans son parti et rejetait la doctrine socialiste préférant se placer dans un centre gauche modéré. Il a profondément modifié la ligne de son parti qui auparavant faisait appel a l’état pour résoudre les problèmes sociaux. Je ne vois pas de leader ‘à la Blair’ dans le PS englué dans ses querelles, débats, et idéologies sclérosantes.

Au lendemain de l’élection, le leader politique actuel en France est Nicolas Sarkozy. Peut-être empruntera-il au Blairisme certains axes comme la conciliation du social et une visions plus libérale de l’économie. Mais je pense que nous sommes face a un ‘animal politique’, qu’on le support ou non, qui indéniablement marquera la politique en France pour 5 a 10 ans.
Les leaders naissent souvent en réaction à des situations ou à d’autres leaders. Je pense donc l’émergence d’un leader a gauche que l’on puisse comparer a Tony Blair prendra plusieurs années le temps a notre nouveau président de mettre son empreinte et générer des réactions. Un Tony Blair en France….Peut-être, mais pas avant 5 ans.

vendredi 11 mai 2007

Identité nationale, la panthère est lâchée


En attendant la formation du nouveau gouvernement, et de savoir si nous aurons ce fameux ministère de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai ressorti un livre d’Amin Maalouf de 1998 et malheureusement toujours d’actualité : ‘les identités meurtrières’.
Les identités…elles existent bien sur, elles ont tellement complexes et dynamique que ce ministère risque seulement d’opposer, dresser les Français les uns contre les autres et de nous appauvrir de la diversité.

Amin Maalouf compare les identités a une panthère car elle tue si on la persécute, elle tue si on lui laisse libre cours, le pire étant de la lâcher dans la nature après l’avoir blesser. Il note que la panthère peut comme les identités, être apprivoiser.

Parlons d’identité

Je me sens français. Il est difficile de mettre des mots sur ce sentiment. Il y a un sentiment d’appartenance à une identité commune quand, à l’étranger, je rencontre un compatriote. Nous avons des points communs, des références communes qui alimentent notre conversation et nous rapprochent. Ce sentiment d’appartenance est d’autant plus fort que cette personne a des points communs avec moi : même région, ville ou école…
Je me sens européen. Ce même sentiment d’appartenance existe aussi si, aux Etats Unis, je croise un allemand, ou un italien. Il est plus diffus et moins précis, mais existe d’autant plus que nous sommes dans un pays très différent de l’Europe.
Je pourrais aussi parler de la francophonie et du plaisir de parler français à l’étranger quand on rencontre un Suisse ou un Belge. Il y a la aussi un sentiment d’appartenance.
Les identités sont donc multiples. Elles sont un peu semblables à des ensembles imbriqués les uns dans les autres, avec des intersections, un coeur, et des liens qui s’atténuent lorsque l’on s’éloigne du coeur. Je rajouterais que ces ensembles ne sont pas absolus et se définissent, surtout quand on se rapproche du noyau, par rapport à la perception de chaque individu.
A ce titre je pense que l’on peux parler et échanger sur ce qu’est l’identité française. Mais….

Comment se forment les identités collectives

L’identité est extrêmement complexe et diverse, elle est forcément différente pour chaque individu.
Je pense que l’identité est dynamique. Non seulement pour un individu qui au cours de sa vie, de ses rencontres va évoluer mais également bien sûr pour une nation. L’identité collective d’un peuple se construit par la base. Par la somme des individus. Elle n’est pas définie, décrétée, imposée par le haut. L’identité est fugace et insaisissable. Elle s’enrichit des apports de tous et bine sur des apports des nouveaux citoyens venant de cultures et de religions différentes d’où son incroyable dynamisme.
Son caractère insaisissable rend un autoritarisme impossible, c’est le libéralisme qui l’emporte en matière d’identité car elle est construite par les individus, sans coordination.
Amin Maalouf présente deux formes d’héritage dont chacun est dépositaire. L’un vertical qui vient des ancêtres, traditions et communauté religieuse et l’autre horizontal venant de l’époque et des contemporains. Il souligne que le dernier semble le plus prépondérant, mais que paradoxalement, nous nous réclamons plus de l’autre.
Au temps de la mondialisation, la dimension horizontale est très importante. Elle peut être négative (uniformisation) ou positive (universalisation) et sans développer ces points je soulignerais donc que cette volonté de centralisme de l’identité française est vouée à l’échec face a la dimension de la mondialisation. Nous sommes ouverts au monde par les flux migratoires, par la facilité à voyager et à communiquer instantanément avec toute la planète. Notre identité est aussi façonnée par ces forces.

Imposer, centraliser l’identité est impossible, voir dangereux.

Nous ne combattrons pas l’uniformisation en nous rattachons à la dimension verticale de l’identité. L’universalisation doit être au cœur de la démarche politique t nul besoin d’un ministère de l’identité nationale pour cela. Ce ministère pensant lutter contre l’uniformisation ne servira à rien face aux forces en présences.
Plus grave encore. L’identité étant dynamique et complexe, centraliser la notion d’identité française c’est nier cette complexité et c’est se mettre en position de ne pas pouvoir évoluer et suivre ce dynamisme. Le risque de vouloir la définir, la centraliser, la contrôler même, est de créer des rejets car cette définition sera imparfaite, inadaptée. Ceux qui ne s’y reconnaîtront pas se sentiront attaqués… mais c’est peut-être le but recherché quand on entend des phrases simplistes comme ‘la France tu l’aimes ou tu la quitte’. On centralise, on étatise l’identité et si ça ne plait pas libre a chacun de partir ou de ne pas venir, comme si ce choix existait de façon aussi clair et simple ! Comme si celui qui ne se fond pas dans le pseudo moule n’avait pas la légitimité à être Français, c’est a dire à être ce qu’il (elle) est !
L’exclusion générée créera des tensions, les autres deviendront une menace. Pour chaque coté d’ailleurs, pour ceux qui se sentent représentés, intégrés dans la définition d’identité française et ceux qui se sentent exclus. Chacun se retranchera derrière la partie de son identité qu’il ressent comme la plus attaquée, On exacerbe donc les identités, on génère des tensions en opposant les uns aux autres. On exclut forcément. Les positions se durciront et le cycle vicieux de la haine, de la peur de l’autre et du rejet sera enclenché.

Vision négative peut être. Simplifiée, bien sur, le sujet est très vaste. J’aurais pu m’étendre sur l’immigration et les futurs besoins qu’aura la France dans ce domaine mais j’ai préfère m’attacher a ce concept d’identité.
Un gage de paix sociale et de société harmonieuse serait une France ouverte qui n’a pas peur des autres et des différences qui acceptent de changer en intégrant ce que les individus apportent de leurs cultures respectives. Ce n’est pas une société dans laquelle on impose une culture monolithique héritée du passé, mais dans laquelle on s’enrichit et s’épanouit de l’apport des autres cultures. Je ne comprends pas comment un ministère de l’identité nationale peut réaliser cela.

mardi 8 mai 2007

Une gauche décomplexée !

Je dois dire qu’en entendant Laurent Fabius parler d’une gauche décomplexée dimanche soir je n’ai pas compris tout de suite ce que complexe voulait dire. Je venais d’entendre Dominique Strauss-Kahn parler de la nécessité pour le parti socialiste de se tourner vers la sociale démocratie. Il était clair que ces deux la parlaient de choses différentes. C’est donc sur le mot complexe que mon esprit a un peu pédalé.

Complexe ? après une rapide recherche un complexe, dans la langue courante, décrit un sentiment d’infériorité. Une gauche décomplexée est donc une gauche débarrassée de ce sentiment d’infériorité. Bien. Mais quel est ce sentiment d’infériorité ?
Dans la bouche de Laurent Fabius, je comprends qu’il doit s’agir de l’attitude du parti socialiste face au fonctionnement économique, face au système capitaliste, bref en finir avec le complexe antilibéral, affirmer son antilibéralisme avec fierté.
Déception. Pendant quelques instants, j’ai espéré que le complexe soit ailleurs.
J’ai espéré…
…que le discours soit même inversé. Que le sentiment d’infériorité se loge, au contraire, dans cette difficulté à accepter le fonctionnement d’une économie de marché. Que l’on dépasse cette étape, pour pouvoir de façon constructive analyser, sans complexe donc, les problèmes posés par cette économie de marche afin d’apporter des solutions, des interventions intelligentes.
…qu’on puisse être de gauche et regarder le rôle de l’état avec un esprit critique, que les termes efficacité ou rentabilité ne soient pas tabous. Pas de complexes et un regard objectif, une exemplarité dans l’utilisation de l’argent publique.
… que l’on ne soit plus complexé quand on parle de service public et que l’on quitte le discours idéologique qui souvent confond intérêt des employés et intérêt des usagers. Que l’on puisse affirmer que le service public est d’abord au service des usagers.
…que l’on soit imprégné d’une vision juste de la société, que l’on n’attise pas les identités. Que l’on puisse prononcer le mot libéral dans le sens social du terme avec fierté, la tête haute, sans complexe. Liberté et tolérance, respect des autres et des différences.

Pendant un instant j’ai cru que c’était tout ça une gauche décomplexée, une gauche fière de ses valeurs sociales et sans démagogie anti-libérale

lundi 7 mai 2007

Mais à quoi servent les systémes financiers?


Souvent critiqués, accusés d’être des casinos où l’on peut beaucoup perde et où certains privilégiés gagnent énormément, à quoi servent les systèmes financiers, quel est leur rôle? Ils sont développés, complexes, structurés, mondialisés. Des milliards sont échangés chaque jour. Est ce uniquement pour enrichir un petit groupe de personnes ou bien jouent-t-ils un rôle dans l’économie et la croissance ?

En premier lieu, comment définir un système financier. Il Inclut les marchés financiers, les places boursières, les banques, les fonds de pension, les fonds d’investissement, les assurances, les régulateurs nationaux, les banques centrales et les institutions multinationales (FMI, Banque Mondiale). On peut parler de systèmes financiers nationaux ou d’un système financier international tant les systèmes nationaux sont imbriqués.
Voyons maintenant les rôles remplis par un système financier dans une économie.

Moyens de paiement

Un premier rôle est de fournir des moyens de paiement. Qu’il s’agisse d’argent liquide, de cartes de crédit, de cheques ou virements, le système financier assure la disponibilité de moyens de paiement nécessaire aux échanges économiques.

Offre et demande

Il existe différent type d’acteurs dans un système financier. À la base, une distinction peut se faire entre ceux qui sont offreurs de crédit et d’autres demandeurs. Notons qu’il est possible pour un acteur d’avoir les deux positions car on peut par exemple avoir un crédit pour sa maison (demandeur de crédit) tout en constituant une épargne sous forme de livret ou autre (offreur de crédit).
Le système financier permet à cette offre et à cette demande de se rencontrer. Il serait très difficile de trouver un moyen de financement ou de placer son argent si les différents intermédiaires ou marchés n’existaient pas.

Liquidité

Les offreurs ont parfois de petites sommes à placer tandis que un demandeur peut avoir besoin d’une somme élevée. Cette rencontre de l’offre et de la demande permet aussi de réunir plusieurs agents offreurs pour satisfaire le besoin d’un demandeur ce qui aurait été très difficile à réaliser pour le demandeur. Une entreprise ayant un besoin de financement peut se tourner vers une ou plusieurs banques ou choisir d’émettre des obligations souscrites par de nombreux offreurs des agents à la recherche de placement.
Le système financier en permettant une rencontre de l’offre et de la demande permet une certaine liquidité afin de fluidifier les échanges financiers. L’offre trouvera une demande de façon assez rapide et efficace.

Transformation de terme, de maturité

Derrière ce terme se cache une différence de besoin entre les offreurs et les demandeurs. Les offreurs sont souvent dans une position de disposer d’argent à plus ou moins court terme et de vouloir avoir la possibilité de retirer cet argent assez rapidement si besoin est. Au contraire les demandeurs qui ont besoin de crédit ont une notion du terme plus longue, ils souhaitent souvent emprunter non pas sur du court terme mais plutôt du moyen ou long terme. Le système financier permet de résoudre cette inadéquation entre les deux intérêts parfois divergents. Ils permettent à certains de placer de l’argent à court ou moyen terme dans des placements assez liquides (dont on peut se retirer facilement) tout en permettant aux emprunteurs de disposer de temps pour rembourser sans que l’on vienne brusquement demander re-paiement des sommes empruntées

Transfert à travers le temps

J’ai décrit deux type d’acteurs : les offreurs et les demandeurs. Il est intéressant de voir que, dans une vie, on peut jouer les deux rôles à différents moments. Le revenu de chacun fluctue au cours de la vie et l’on peut avoir besoin de financement au début de la vie pour étudier, ou démarrer son activité de financement. Inversement certains seront en situation d’épargner et seront offreurs. Le système financier, autorise ce transfert dans le temps, permettant de lisser le revenu au cours d’une vie.

Partage et atténuation du risque

Imaginons que pour construire une maison un emprunteur trouve un prêteur (sans passer par l’intermédiation financière) qui dispose de la somme d’argent dont vous avez besoin, que le terme convienne au prêteur et a l’emprunteur. Nous avons vu dans les points précédents, que cette situation est facilitée par le système financier. Mais regardons le risque que prend le prêteur. Il est très important car il n’y a pas de diversification. Ce rôle de diversification, de partage des risques afin de les atténuer pour chaque agent, est joué par le système financier. Ceci est un élément important car le risque joue un rôle central et son partage renforce le nombre d’offreurs, renforce la liquidité.

Croissance, développement économique

La croissance et le développement économique ne pourraient se faire sans la présence d’un système financier et le développement du système financier est corrélé à la croissance et au développement. Il rend possible l’investissement et la création pour les raisons que nous avons précisées ci-dessus. Ceci est valable pour les particuliers et pour les entreprises qui bénéficient des services offerts par ce système. Le fonctionnement de l’économie et son développement sont donc intimement liés a la présence et au développement d’un système financier.
La mondialisation de l’économie s’est accompagnée ou a été précédée par une unification, une mise en communication des différents systèmes financiers nationaux.

Le but de cet article n’est pas une apologie des systèmes financiers. Je ne rentre pas dans le détail des acteurs, les modes d’organisation, le degré de concurrence existant… Toutes ces considérations sont bien sûr importantes et doivent être discutée. Par exemple le micro-crédit est extrêmement intéressant, permettant le développement dans des zones très pauvres et représente une alternative plus adaptée dans ces situations que les modes de financement traditionnels.
Le propos est de démontrer que l’existence d’un système financier est essentielle au développement économique et au fonctionnement de nos économies. Les systèmes financiers sont complexes et difficiles à appréhender, mais leur rôle est central, essentiel. Cette complexité ainsi que certains abus rendent parfois la critique aisée et la caricature facile. On trouve parfois des rejets en bloc du système. Je pense qu’il faut se pencher sur les bases et le rôle essentiel du système financier pour permettre une analyse et, bien sûr, une critique constructive. Nous ne sommes pas en face d’un casino géant qui vie au dépend de l’économie, la phagocytant, et ou les plus riches gagnent à tous les coups. Nous sommes face à un outil, sûrement imparfait, mais central et essentiel au fonctionnement de nos économies.

vendredi 4 mai 2007

Le déclin de la gauche anti-libérale : une pièce en trois actes

Le premier tour de l’élection présidentielle est une défaite pour la gauche anti-libérale (référence a l’article de Max “L’extrême gauche, grande perdante de l’élection présidentielle’’). Ce résultat n’est pas étonnant et ce déclin se décline en trois actes, cette élection étant le dernier acte d’un changement radical du paysage politique à gauche.

Le courant anti-libéral trouve un écho dans la gauche extrême mais également au sein du parti socialiste. Certains affichent clairement qu’ils ne sont pas des partis de gouvernement, d’autres comme le PC ou une aile gauche du PS (certains la qualifie de deuxième gauche) assument leur désir de gouverner et sont forcément un peu moins radicaux.

Acte 1 : Le traumatisme de 2002

Le choc de la présidentielle 2002 a été un coup de boutoir énorme pour toute la gauche. Pas de candidat de gauche au deuxième tour. Tout a été dit sur le traumatisme de l’électorat de gauche. Ce premier échec n’est pas directement attribué a l’extrême gauche, non, mais en ce séisme a été le début du déclin de la représentativité de l’extrême gauche.

Acte 2 : Victoire !, NON a la constitution, OUI a l’Europe

Une victoire pour le non a la constitution. Et pourtant je pense que c’est une défaite pour les partisans de l’anti-libéralisme. En effet, le non était extrêmement divers, incluant a la fois un rejet violent de l’Europe pour la droite nationaliste et également l’espoir de construire une Europe plus juste et plus sociale pour les tenants du non de gauche. La défaite dont je parle n’est pas dans le résultat mais dans l’incapacité de capitaliser sur ce résultat. Il est très difficile de construire une dynamique sur un non. L’hétérogénéité du camp des vainqueurs a empêché toute avancée alternative pro européenne venant du camp du non.
Deuxième effet, cette fois dans le rapport entretenu entre le PS et les partis plus à gauche. Cette relation est complexe et fragile. Ce non au referendum soutenu par une partie du parti en contradiction avec le vote des militants a non seulement fragilise et brouille le discours du parti socialiste mais a également rendu difficile le lien avec sa gauche, créant déjà une dérive, une attraction vers le centre.

Acte 3 : Présidentielle 2007

Plusieurs événements se combinent pour dresser le portrait du paysage politique et souligner la défaite de la gauche anti-libérale.
- Morcellement des candidatures à l’extrême gauche
- Candidate PS représentante de la ‘première gauche’, la ‘droite du PS.
- Phénomène du vote utile affaiblissant l’extrême gauche.
- Très faible score de la gauche anti-libérale: 9% (O. Besancenot, M.-G. Buffet, A. Laguiller, J. Bové, G. Schivardi)
- Bon score du centre
Le vote utile pour le PS conséquence de 2002 a probablement fait beaucoup de mal à la gauche anti-libérale…mais celle ci a été incapable de se présenter unie, capitalisant sur ce qu’elle pensait être la victoire de ses idées au referendum sur la constitution européenne. Cette victoire n’était pas entièrement la sienne et seule une unité de candidature aurait pu apporter un peu de poids, un peu de représentativité. Au lieu de cela nous avons eu là le troisième acte d’un déclin, qui avec la force de la droite traditionnelle et la montée du centre dessine un nouveau paysage politique.

La suite ?

Quelles sont les grandes lignes de forces ?
- Renforcement au centre : La faiblesse de la base anti-libérale renforce par contraste l’attractivité du centre. Devant l’échec des partis à sa gauche, le PS devrait continuer son orientation vers le centre. La force de se mouvement, la possible scission du parti dépendront du résultat de dimanche.
- Marginalisation de l’anti-libéralisme. Si la gauche traditionnelle se recentre, accepte de se placer dans le cadre d’une économie de marché,.la gauche anti-libérale morcelée avec une base électorale faible, va se retrouver isolée. Son attitude consistant à ne pas être ‘un parti de gouvernement’ contribue a la couper de la gauche plus traditionnelle plus modérée dans ces attaque contre le capitalisme.
Le paysage politique bouge, les élections sont un révélateur car les idées sont passées au prisme de l’électorat. Pour avoir oublie 2002 et cru que la victoire du non était sa victoire, la gauche anti-libérale a continué de perdre son électorat.
Un espoir tout de même en la personnalité d’Olivier Besancenot qui est le gagnant parmi les candidats de la gauche extrême. Son age, son ton, son discours, apportent un peu de fraîcheur. Il assume sans complexe sa critique de l’économie capitaliste et présente sa vision d’une société plus juste. Il pourrait être le rassembleur, et pourra peut être tirer les leçons de cette défaite en trois actes afin de reconquérir une certaine base électorale.

jeudi 3 mai 2007

L'euro et la BCE Boucs Emissaires

Les deux candidats au second tour de la présidentielle française ont lancé des attaques contre la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est accusée de freiner la croissance et l'emploi par un euro fort.


Euro fort, quel impact pour l'économie?

Le niveau de l'euro fort ou faible a forcément des effets contradictoires. Notre facture énergétique étant en dollar, un euro fort réduit le montant de nos dépenses énergétiques. Dans la lutte contre l'inflation, un euro fort contribue à contrôler la demande et joue donc en faveur de la lutte contre la hausse des prix. Par contre un Euros fort handicape nos exportations en rendant leur prix plus élevés en devise étrangère.
L'impact net est difficile à évaluer.

Euro fort? pas si simple

Quelques faits: L'euro s'est apprécié de 5% par rapport au dollar depuis le début de Février 2007. Mais il s'est beaucoup moins apprécié face à la livre sterling et a connu une dépréciation face à la couronne Tchèque et face au Forint Hongrois. Un indicateur intéressant car il prend en compte le poids des échanges, est le taux pondéré des échanges face à 24 devises et calcule par la BCE. Sa hausse n’est que de 2.7% et ce taux est encore plus faible qu'en 2004 quand les économies de la zone euro étaient en plus mauvaise situation.
Si nous regardons la nature des échanges, il y a un déplacement vers l'Est : les exportations vers les pays souhaitant adhérer à l'union (Turquie comprise) et la Russie ont augmenté à un taux annuel de 20% dans la deuxième moitié de l'année dernière. Elles représentent maintenant 19% du total contre 13% en 1999. Les exportations vers l'Asie ont elles aussi augmenté rapidement.
Non seulement le niveau des changes ('fort' ou faible') a un impact net difficile à évaluer, mais la réalité de ce niveau, l'euro fort', peut être discuté quand on regarde la globalité des chiffres et des situations.

Replacer le débat dans le contexte européen

Après avoir abordé l’impact du niveau de notre monnaie et tenté d’avoir une vue globale de la situation sans se focaliser uniquement sur le dollar il est important de se tourner vers les autres pays de la zone Euro. L'euro est la monnaie européenne et si nous regardons au-delà de la France le niveau de l'euro ne semble pas poser les mêmes problèmes dans les autres pays. Cela est probablement dû au niveau de notre déficit extérieur (26 milliards d'euros en 2006) ainsi qu’a la campagne présidentielle dans laquelle il est facile de stigmatiser l’euro en l’accusant de freiner l’économie. Mais dans le même temps, en Allemagne, la balance commerciale est en surplus de 160 milliards d'euros et le débat ne se pose pas du tout dans les mêmes termes.
Il existe aussi des différences de perception. Quand l'euro n'était pas en place nous regardions le deutschemark fort et stable avec une certaine admiration... et maintenant que nous avons une monnaie forte avec une BCE attachée a sa stabilité et crédibilité, nous en faisons la source certains de nos problèmes. La psychologie est assez importante dans ce domaine et encore une fois l'Europe est diverse: les Allemands s'accommodent d'une monnaie forte car elle apport en Allemagne un sentiment de patrimoine, un effet de richesse car la monnaie permet d'acheter plus à l'étranger.
Autre élément, l'hétérogénéité des économies européennes: croissance forte en Irlande (6% en 2006) ou croissance plus faible en France (2% en 2006). Inflation (relativement) élevée en Espagne ou faible en Finlande. Au vu de ces disparités, il est extrêmement difficile pour la BCE de définir une politique monétaire optimale pour toute la zone.

Quel contre-pouvoir politique?

Les candidats à l’élection se prononcent pour un changement de statut de la BCE ou pour une inflexion de la politique monétaire pour prendre en compte la croissance, ou alors sur le niveau de l'euro... Les Etats-unis sont souvent pris comme référence, leur banque centrale serait plus préoccupée de la croissance. Mais quel est le pouvoir politique en Europe qui permettrait d'être un contrepoids a la BCE, qui pourrait infléchir, peser, discuter les décisions. Et, a l’extrême, si nous allons jusqu’à une non indépendance de la BCE de quel pouvoir politique sera t elle dépendant?
Ce pouvoir politique n'existe pas.

Ce débat autour de la BCE, de l'euro, et de la politique monétaire est assez simpliste et démagogique car il oublie l'hétérogénéité de l'Europe ainsi que le point de vue des autres pays membres de cette union monétaire. Enfin il cache ce qui est peut-être le vrai problème actuel de l’Europe, la non-existence d'un pouvoir politique européen qui devrait être un préalable a toutes ces discussions

 

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